Éthiopie : le conflit prend de l’ampleur avec l’ouverture de nouveaux fronts

Wait 5 sec.

L’escalade des tensions ne retombe pas dans le nord de l'Éthiopie, des sources de presse ayant indiqué qu’un nouveau front oppose désormais les Forces de défense tigréennes (TDF) à l’armée fédérale, depuis le 25 septembre, autour du fleuve Tezeke, au Tigré occidental. Dans la même région, mais cette fois du côté de la ville de Sheraro, actuellement contrôlée par les forces du Front de libération du peuple du Tigré (FLPT), une frappe de drone a été signalée à proximité d’un camp de personnes déplacées.Au cours des dernières contre-offensives de l’armée fédérale, menées au cours des derniers jours, celle-ci a affirmé avoir tué plus de 700 combattants du FLPT et blessé 500 autres.Des fronts toujours actifsLa région d’Amhara dansd le nord de l'Éthiopie est toujours le théâtre de combats violents autour de la ville de Lalibela où l’aéroport local est resté fermé pour la deuxième journée consécutive. Un autre front est toujours actif dans la région d’Afar au nord-est, et plus précisément dans la ville d'Abala, frontalière du Tigré. Des sources humanitaires ont fait état de tirs nourris dans la localité de Serebti, située à une centaine de kilomètres d’Abala, contraignant la population au déplacement.Des sources locales indiquent aussi une attaque des forces du FLPT contre la ville de Sekota, dans l'Amhara, dans la nuit du 25 au 26 septembre, avec une reprise du combat dans la journée. Des combats auraient aussi été signalés dans la zone de Lallibela et dans la zone entre Kobo dans l’Amhara et Alamata, la zone Debubawi du Tigré.Le chef d'état-major général des Forces de défense nationale éthiopiennes pointe l’implication de puissances étrangèresLe maréchal Birhanu Jula, chef d'état-major général des Forces de défense nationale éthiopiennes, a accusé des puissances extérieures d’être impliquées dans le conflit du nord du pays, en soutenant une alliance nouvellement formée de groupes armés et  politiques dans le but de déstabiliser et d'affaiblir l'Éthiopie. Il a aussi qualifié cette coalition de version remaniée du projet de longue date soutenu de l'extérieur, a rapporté le média éthiopien Addis Standard le 25 septembre.Le militaire a également affirmé que l'Érythrée agissait comme intermédiaire entre les puissances extérieures et les groupes armés à l'intérieur de l'Éthiopie, une accusation démentie par le gouvernement érythréen.L’escalade entre le gouvernement éthiopien et le FLPT a débuté le long de la frontière entre le Tigré et l’Afar, le 22 septembre, avant de gagner d’autres zones de l’Amhara et que les aéroports de Mekele, d’Axoum et de Shire ne tombent dans les mains des forces tigréennes. Les Nations unies, l’Union européenne et l’Union africaine ont appelé à une désescalade immédiate et à la reprise du dialogue afin d’éviter un nouvel embrasement. Le conflit de 2020-2022 avait fait environ 600 000 morts, selon une estimation citée par l’Union africaine, et entraîné le déplacement d’environ un million de personnes.