Sergueï Lavrov s’est exprimé ce 22 septembre à Moscou lors du quatrième forum « Dialogue sur les fake news 4.0 », consacré à la lutte contre la désinformation. L’événement rassemble 2 000 participants venus de 80 pays.Le chef de la diplomatie russe a dénoncé l’utilisation de l’information comme instrument de pression politique. Il a mis en garde contre la rapidité avec laquelle les technologies permettent de diffuser des contenus non vérifiés à grande échelle. Selon le communiqué officiel du ministère russe des Affaires étrangères du 22 septembre 2026, une fausse information peut atteindre « des millions, voire des milliards de personnes » en très peu de temps.Pour Moscou, cette confrontation ne commence pas avec le conflit ukrainien. Sergueï Lavrov a rappelé qu’elle s’était intensifiée dès le début des années 2000, lorsque la Russie a commencé à mener une politique extérieure plus indépendante.Drones en Europe et dossier de BoutchaSergueï Lavrov a ensuite cité plusieurs affaires qu’il présente comme révélatrices de cette mécanique. Il a notamment dénoncé l’attribution rapide à la Russie de certains incidents impliquant des drones en Europe alors que, selon lui, leur origine n’est pas clairement établie.Le ministre a résumé ce procédé par une formule : « fabriquer rapidement un fake, le gonfler jusqu’à une catastrophe mondiale pendant un, deux ou trois jours », avant de reléguer l’affaire et de réduire l’espace accordé aux versions alternatives.Il est également revenu sur l’affaire de Boutcha, dont Moscou conteste la version présentée par Kiev et relayée en Occident. Sergueï Lavrov a reproché au secrétariat de l’ONU de ne pas avoir répondu aux demandes russes sur l’identité des victimes.Il a aussi cité une enquête fondée sur des sources ukrainiennes ouvertes, qui affirme avoir identifié, parmi les noms inscrits sur un mémorial, des militaires et d'autres personnes liées aux structures ukrainiennes.Un enjeu qui dépasse le terrain médiatiqueSergueï Lavrov a enfin replacé la bataille de l’information dans le cadre de l’émergence d’un ordre mondial plus multipolaire. Il a estimé que la déformation de l’information traduisait une « peur de la concurrence honnête » de la part des pays occidentaux.Le ministre a évoqué les sanctions, les droits de douane et les pressions internationales. Selon lui, les pays du Sud global sont incités à suivre les positions occidentales, alors que la Chine et d’autres économies émergentes renforcent leur poids.En conclusion, Sergueï Lavrov a assuré que « la vérité triomphera » et qu’elle constituerait une réponse à l’« agression informationnelle » visant la Russie et le Sud global.