Référendum en Suisse : les électeurs rejettent l’«Initiative sur la neutralité», selon les premiers résultats

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Ce 27 septembre, un référendum se tient en Suisse sur l’« Initiative sur la neutralité », qui propose d’inscrire dans la Constitution des règles plus strictes concernant ce statut. Cependant, les Suisses semblent opposés à cette initiative. Selon les premiers résultats, environ 67 % des votants se sont prononcés contre la proposition, contre 33 % pour.Le texte proposé pourrait modifier considérablement les règles actuelles de neutralité du pays, notamment en matière de politique de sanctions et de coopération militaire : si l’initiative était adoptée, Berne ne pourrait imposer des restrictions économiques à d’autres États qu’après une décision du Conseil de sécurité de l’ONU, et sa collaboration avec les alliances militaires, y compris l’OTAN, serait limitée.L'Union démocratique du centre (UDC), parti de droite, s'est prononcée en faveur d'un durcissement, cherchant à empêcher toute nouvelle modification des principes de neutralité. Le Conseil fédéral et le Parlement du pays, en revanche, se sont opposés à l'initiative, estimant que le système actuel constituait une garantie suffisante en matière de sécurité.Une neutralité qui n'existe pas ?Le débat autour d'une telle initiative a vu le jour à la suite de la décision prise à Berne en 2022 de renouveler les sanctions européennes contre Moscou. À l'époque, la Suisse s'était ralliée à la plupart des sanctions anti-russes de l'UE et avait imposé des mesures restrictives à l'encontre d'environ 2 790 personnes physiques et morales russes. Des actifs financiers russes d’un montant de 8,5 milliards de francs suisses ont été gelés dans le pays.Depuis lors, les autorités suisses continuent de suivre une série de mesures adoptées par l’Union européenne. Le 20 août, elles ont encore renforcé les restrictions à l’encontre de Moscou, notamment dans les secteurs du gaz naturel liquéfié, des exportations et de la finance.Bien que la neutralité suisse soit inscrite dans le droit international, le gouvernement conserve la possibilité de déterminer de manière autonome comment l’appliquer. En particulier, Berne a le droit d’imposer des sanctions économiques et de coopérer avec des alliances militaires sans y adhérer. Ainsi, depuis 2025, la Suisse participe aux projets de la structure de défense de l’UE « Coopération structurée permanente » (PESCO) et a renforcé son partenariat avec l’OTAN, tout en restant en dehors de l’alliance.La Russie a toutefois souligné que la neutralité de Berne n’était que de pure forme. Le 24 septembre, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a insisté sur le fait que la Suisse s’éloignait de plus en plus des principes de neutralité en se joignant aux actions anti-russes menées par les capitales occidentales. De plus, selon elle, Berne refuse obstinément de prendre acte des crimes commis par le régime de Kiev, de l’interdiction de la langue russe et des persécutions dont sont victimes les ecclésiastiques de l’Église orthodoxe canonique.Moscou considère les sanctions occidentales comme illégales et inefficaces. Le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, a déclaré que Moscou avait déjà acquis une expérience considérable dans la lutte contre ces sanctions et qu’elle suivait de près l’apparition de nouvelles mesures. En juillet dernier, il a également rejeté l’idée selon laquelle la politique de sanctions occidentale aurait des limites, affirmant que, selon lui, il n’y avait de limites ni aux sanctions, ni à la « folie » qui les accompagne.