Jean-Noël Barrot présente les priorités de la France à l'occasion de sa présidence du Conseil de sécurité

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La France entend profiter de sa présidence du Conseil de sécurité des Nations unies pour faire avancer plusieurs dossiers qu’elle considère comme prioritaires. Lors d’une conférence de presse à New York, Jean-Noël Barrot a notamment salué le ralliement du Royaume-Uni à l’initiative franco-mexicaine visant à encadrer l’usage du droit de veto en cas d’atrocités de masse.Avec le Royaume-Uni, 128 États soutiennent désormais cette initiative, contre 107 six mois auparavant, selon le ministre français. Paris souhaite ainsi créer une dynamique en faveur d’un usage plus encadré du veto lorsqu’il s’agit de génocides, de crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre les plus graves. Jean-Noël Barrot a estimé que le Conseil de sécurité était parfois empêché d’agir face à ces situations en raison de l’utilisation du veto par certains de ses membres permanents.L’intelligence artificielle au Conseil de sécuritéAutre priorité française : les risques liés au développement de l’intelligence artificielle. La France, qui préside le Conseil de sécurité en septembre, a décidé de consacrer une réunion à cette question, après plusieurs incidents survenus durant l’été impliquant des modèles d’IA.Jean-Noël Barrot a annoncé avoir convié à cette réunion des représentants d’Anthropic, d’OpenAI et de Hugging Face, ainsi que l’expert en intelligence artificielle Yoshua Bengio. Il s’agira, selon lui, d’une première discussion du Conseil de sécurité consacrée aux enjeux posés par le développement de ces technologies et aux réponses que la communauté internationale doit apporter.Gaza : la France veut préserver la perspective de deux ÉtatsSur le Moyen-Orient, le ministre a défendu le bilan de l’initiative franco-saoudienne ayant conduit à l’adoption, en septembre 2025, de la « déclaration de New York ». Selon lui, ce texte a contribué à ouvrir la voie au plan de paix actuellement défendu et à la résolution du Conseil de sécurité l’endossant.Jean-Noël Barrot a souligné que la France restait attachée à la création de deux États vivant côte à côte « en paix et en sécurité ». Il a insisté sur l’organisation d’élections palestiniennes, prévues le 28 novembre 2026 pour les législatives et au premier trimestre 2027 pour la présidentielle, estimant qu’elles devaient impérativement avoir lieu.Interrogé sur les propos tenus la veille par Emmanuel Macron au sujet d’Israël et des territoires palestiniens, le ministre a réaffirmé l’« attachement » de la France à l’existence et à la sécurité d’Israël. Il a toutefois estimé que certaines politiques menées par le gouvernement israélien, notamment en Cisjordanie occupée, fragilisaient la perspective d’une solution à deux États et faisaient courir des risques à la sécurité d’Israël et à sa population.Ukraine : soutien à Kiev et pression sur MoscouConcernant l’Ukraine, Jean-Noël Barrot a rappelé la stratégie française, qui repose sur trois axes : le soutien à l’Ukraine, la pression sur la Russie et la préparation de la paix. Une déclaration consacrée à l’Ukraine devait par ailleurs être présentée avec le ministre ukrainien des Affaires étrangères et la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, avec le soutien de 50 pays.Le ministre s’est également félicité de nouvelles sanctions européennes visant Xenia Federova, présentées comme s’inscrivant dans la continuité de mesures déjà prises par la France et d’autres pays européens à l’encontre de médias russes accusés par Paris de contribuer à la désinformation et à la division des opinions publiques européennes.Détroit d’Ormuz : les conséquences de la hausse des prix des carburantsEnfin, Jean-Noël Barrot a évoqué les conséquences de la situation au Moyen-Orient sur les prix des carburants en France. Il a indiqué qu’Emmanuel Macron avait multiplié les discussions à New York avec les dirigeants américains et régionaux afin d’accélérer les efforts visant à réduire les hostilités et permettre la reprise du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.Paris prépare également, selon le ministre, le déploiement d’une mission internationale destinée à accompagner la reprise du trafic lorsque les conditions le permettront. La France entend par ailleurs travailler avec ses partenaires européens et régionaux à l’ouverture de nouvelles routes commerciales afin de réduire leur vulnérabilité face aux conflits.Jean-Noël Barrot a enfin rappelé la présence française depuis deux ans dans le cadre de l’opération européenne Aspides en mer Rouge, destinée notamment à protéger la navigation commerciale face aux attaques des Houthis.