Les 30 et 31 juillet, plus de 70 000 personnes avaient franchi la frontière entre le Maroc et Ceuta, dans un mouvement migratoire massif sans précédent par son ampleur. La majorité avait regagné le Maroc dans les heures suivantes, mais plusieurs milliers de migrants sont restés dans l’enclave espagnole.Près de deux mois plus tard, leur situation demeure extrêmement précaire. À l’entrée de la zone industrielle de Tarajal, plusieurs centaines de personnes, principalement de jeunes Marocains, vivent sous des tentes improvisées avec des bâches et des cartons. Des femmes et des familles avec de jeunes enfants figurent également parmi les personnes présentes.Selon des témoignages recueillis sur place, les migrants ne disposent ni de toilettes ni de douches et doivent acheter eux-mêmes leur nourriture. « Il n’y a pas de distributions de repas », témoigne l’un d’eux, affirmant que certains doivent se contenter d’un seul repas par jour.Des demandes d’asile en attenteCertains migrants disposent de demandes d’asile en cours d’examen, mais doivent attendre plusieurs semaines avant leur prochain rendez-vous. Selon les estimations, près de 8 000 personnes seraient toujours sans solution d’hébergement.À cette situation humanitaire s’ajoutent des accusations de violences commises par des policiers et des militaires espagnols. Plusieurs migrants affirment avoir été frappés lors d’interventions des forces de sécurité. Ces témoignages n'ont toutefois pas fait l'objet d'une confirmation indépendante.Parallèlement, la tension reste forte dans l’enclave. Le Parti populaire (PP) et le parti d’extrême droite Vox réclament au gouvernement socialiste de Pedro Sánchez l’expulsion vers le Maroc de l’ensemble des personnes en situation irrégulière arrivées récemment et demandent à Madrid de faire pression sur Rabat.De nouveaux appels à franchir la frontièreLa situation est également suivie avec inquiétude en raison de la circulation, sur les réseaux sociaux, de nouveaux appels à rejoindre l'enclave. Certains messages incitent les migrants à tenter une nouvelle entrée à Ceuta le 23 septembre, jour des élections législatives.Face à ces appels, les autorités espagnoles ont renforcé les mesures de sécurité autour de la frontière. La crise migratoire continue par ailleurs d'alimenter les tensions politiques et sociales dans l’enclave.Le 20 septembre, environ 400 personnes ont participé à une manifestation à Ceuta pour réaffirmer la souveraineté espagnole sur le territoire, dans un contexte marqué par une forte mobilisation nationaliste.