Deno veut transformer vos sites web en applications de bureau

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Deno, le moteur d'exécution JavaScript et TypeScript créé par Ryan Dahl (le développeur qui avait déjà lancé Node.js il y a une quinzaine d'années), s'apprête à faire un sacré pas de côté avec sa prochaine version majeure, qui permettra de fabriquer des applications de bureau pour macOS, Windows et Linux à partir du même code, et même depuis une seule et unique machine.La fonction, baptisée Deno Desktop, a déjà débarqué discrètement dans la version 2.9.0 distribuée en canal canary, c'est-à-dire la branche de test réservée aux plus curieux d'entre vous, mais pas encore sur la version stable.L'idée est simple : vous prenez un projet web écrit en TypeScript, ou construit avec des outils connus comme Next.js, Astro, Fresh ou Vite, et Deno le compile en un seul fichier exécutable qui embarque votre code, le runtime et le moteur d'affichage, prêt à distribuer tel quel. Un petit serveur web local est même glissé dans le paquet, ce qui veut dire qu'une appli web existante peut migrer vers le bureau sans qu'on réécrive quoi que ce soit.Pour afficher votre interface, vous avez le choix entre trois approches, et c'est sur le poids final que ça se joue. Par défaut, Deno s'appuie sur la WebView native du système, autrement dit le moteur d'affichage web déjà présent sur votre Mac ou votre PC, ce qui donne une application d'environ 68 Mo sur macOS.Si vous préférez la régularité d'un Chromium complet d'une plateforme à l'autre, vous pouvez embarquer le CEF (le Chromium Embedded Framework, en gros un navigateur Chrome entier glissé dans l'application), mais le poids montre alors au-delà de 300 Mo. Et pour les plus aventureux d'entre vous, un mode brut, sans moteur web laisse gérer soi-même les fenêtres et le rendu via WebGPU ou Skia.Trois moteurs, donc. À vous de choisir.Forcément, on pense tout de suite à Electron, la techno derrière Slack, Discord ou VS Code, réputée pour produire des applications obèses, et à ses rivaux plus légers que sont Tauri, Electrobun ou Dioxus. Deno débarque sur un terrain déjà bien occupé, avec quand même un argument solide : le même outil sert au serveur, au site et maintenant à l'application de bureau.Sauf que voilà, tout n'est pas encore en place. La fonction n'est pas stable, certains testeurs ont vu le bouton de fermeture des fenêtres refuser de marcher sur macOS, le sélecteur de fichiers et l'accès au presse-papier manquent toujours à l'appel, et le support mobile reste à l'état de promesse. Les menus natifs, les menus contextuels, les boîtes de dialogue système et les notifications répondent déjà présents, eux.La vraie question, du coup, c'est de savoir si Deno ne se disperse pas. Le projet vit avant tout grâce à son runtime, et certains se demandent si fabriquer un concurrent à Electron ne va pas siphonner l'énergie qu'il faudrait au coeur du moteur.Bref, recycler un site en appli de bureau sans tout réécrire, et bien pourquoi pas ?Source :The Register