Voilà un mariage qu'on n'attendait pas forcément. Google DeepMind, le laboratoire d'intelligence artificielle du géant de Mountain View, vient de s'associer à A24, le studio derrière des succès comme Everything Everywhere All at Once, pour bâtir des outils d'IA pensés pour les cinéastes, le tout adossé à un chèque d'environ 75 millions de dollars, soit 69 millions d'euros.Le plus surprenant, ce n'est pas ce que les deux maisons vont fabriquer ensemble, c'est la longue liste de ce qu'elles se sont interdit de faire.Google n'aura aucun accès à la bibliothèque de films d'A24 ni à ses données, l'accord court sur plusieurs années sans être exclusif, ce qui laisse le studio libre d'aller voir d'autres modèles, et il n'est surtout pas question de générer des films tout seuls puisque les ingénieurs s'installeront à côté des artistes plutôt qu'à leur place.Demis Hassabis, le patron de DeepMind, défend l'idée d'une IA qui soutient le récit au lieu de le remplacer, et c'est Scott Belsky, recruté début 2025 à la tête d'une équipe d'environ vingt-quatre personnes, qui pilote le chantier. Le premier outil concret ressemblerait à un assistant de storyboard, ces croquis qui servent à planifier un film plan par plan avant même de tourner la moindre scène.Côté argent, les 69 millions d'euros se situent dans la lignée du dernier tour de table du studio, et c'est clairement un investissement, les outils mis au point ayant vocation à repartir ensuite dans l'écosystème de Google. Donnant-donnant donc.Le calendrier n'a rien d'un hasard. Netflix a racheté début 2026 la société d'IA fondée par l'acteur Ben Affleck, pendant qu'Amazon avait déjà monté dès 2025 une unité de production dopée à l'IA du côté de MGM. Tout le monde se positionne.Sauf que voilà, Hollywood reste méfiant, et A24 le sait mieux que personne. Kane Parsons, le jeune réalisateur de Backrooms et plus gros succès récent du studio, a confié que s'il pouvait faire disparaître l'IA générative d'un claquement de doigts, il le ferait sans hésiter une seconde. Guillermo del Toro et Vince Gilligan, le créateur de Breaking Bad, pensent exactement la même chose.A24 coche pourtant toutes les cases pour rendre l'IA un peu plus fréquentable dans le milieu, entre contrôle créatif préservé, films jamais cédés et accord non exclusif, quand Google s'offre au passage une jolie caution artistique pour bâtir sa réputation dans le cinéma.Bon maintenant on ne va pas se mentir, il ne faudra pas attendre bien longtemps avant de voir des films 100% générés par IA dans notre cinéma de quartier...Source :CNET