Le Sénat américain a adopté le 23 juin une résolution demandant au président Donald Trump de mettre fin aux opérations militaires contre l’Iran ou d’obtenir l’autorisation préalable du Congrès avant toute nouvelle intervention. Le texte a été approuvé par 50 voix contre 48, grâce au soutien de quatre sénateurs républicains qui ont défié leur propre camp.C’est la première fois qu’une résolution sur les pouvoirs de guerre est adoptée par les deux chambres du Congrès. Bien qu’elle reste essentiellement symbolique et ait peu de chances de devenir une loi, son adoption reflète une contestation croissante de la stratégie de la Maison Blanche.«Un coût maximal pour le peuple américain»Le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, a dénoncé une guerre qui aurait semé « confusion, chaos et un coût maximal pour le peuple américain ». Selon lui, « cela restera dans l’histoire comme l’une des pires interventions de politique étrangère jamais menées par les États-Unis ».La résolution prévoit que toute nouvelle action militaire contre l’Iran devra être « explicitement autorisée par une déclaration de guerre ou une autorisation spécifique du Congrès ». Elle autorise toutefois le maintien de forces américaines dans la région pour prévenir une attaque imminente contre les États-Unis ou leurs alliés.Les opposants au texte estiment qu’il risque de fragiliser les négociations en cours entre Washington et Téhéran en Suisse. Le sénateur républicain James Risch a ainsi affirmé que son adoption pousserait les Iraniens à quitter la table des discussions, ajoutant que la mesure « n’aura aucun effet » car « le président n’y prêtera aucune attention ».Cette confrontation institutionnelle intervient alors que la guerre contre l’Iran demeure impopulaire aux États-Unis. Selon un sondage Reuters/Ipsos publié cette semaine, seuls 24 % des Américains considèrent que le coût du conflit est justifié. La hausse des prix de l’énergie et des matières premières, liée aux tensions dans le détroit d’Ormuz, alimente également le mécontentement.Au-delà du dossier iranien, le vote relance un débat constitutionnel ancien sur les pouvoirs de guerre du président. « Le pouvoir le plus solennel du Congrès est celui de déclarer la guerre, et non celui du président », a rappelé le sénateur démocrate Tim Kaine, défenseur de la résolution.