Les discussions sur la proposition de loi relative à l’euthanasie se poursuivent cette semaine à l’Assemblée nationale en nouvelle lecture. Après plusieurs mois de navette parlementaire marquée par le rejet du Sénat, le texte revient devant les députés pour un examen décisif, avec un vote solennel prévu le 30 juin et une adoption définitive espérée le 15 juillet par ses promoteurs.Une opposition déterminée face à un texte fragiliséMalgré deux votes favorables antérieurs, l’écart se réduit à chaque scrutin, comme l’a souligné le député du Rassemblement national (RN) Christophe Bentz : « À chaque vote, l’écart se restreint. C’est chiffré, mathématique, c’est factuel. On n’est plus sur un consensus large. »Les indécis, estimés à une centaine, deviennent décisifs dans une Assemblée où la lassitude gagne et où l’hémicycle se vide parfois lors des séances de nuit.Les débats ont été marqués par des passes d’armes sur les conditions d’éligibilité, les modalités d’administration de la substance létale et le rôle des soignants.Un amendement du groupe RN, adopté le 23 juin malgré l’avis défavorable du gouvernement, a notamment exclu les médecins de l’administration de la substance létale, au nom du serment d’Hippocrate.Cette décision, saluée comme une « victoire pour les médecins » par Christophe Bentz sur X, rappelle que le cœur de la vocation médicale reste de soigner et non de provoquer la mort. 💪 Victoire pour les médecins !✅ Notre amendement du @groupeRN_off, visant à retirer les médecins du processus d’administration d’une substance létale, a été adopté. #FinDeVie« Je ne provoquerai jamais la mort délibérément ». Tel est le Serment d’Hippocrate.#DirectANpic.twitter.com/RGg3XHvBPy— Christophe Bentz (@BentzChristophe) June 23, 2026Inversement, le militant de gauche Jean-Luc Romero a fait part de son « immense colère […] contre les méthodes d’obstruction employées » mais également contre les défenseurs de la loi sur l'euthanasie qui n’en font pas assez. Je ressens une immense colère face à ce qui vient de se jouer à l'Assemblée nationale concernant la proposition de loi sur la fin de vie.D’abord, une colère profonde contre les méthodes d’obstruction employées pour empêcher le vote de ce texte avant l'été. La multiplication… pic.twitter.com/kCjeQQ1Vw1— Jean-Luc Romero-Michel (@JeanLucRomero) June 24, 2026En dehors de l’Assemblée, les réactions et initiatives se multiplient. L’initiative « Prie pour un député » de l’association Hozana a rassemblé plus de 35 000 personnes en quelques jours, invitant les fidèles à prier pour éclairer la conscience des parlementaires.L’opposition bénéficie également de la stupeur provoquée par l’euthanasie d’un enfant de moins de 12 ans aux Pays-Bas, révélée cette semaine, et appelle à une manifestation à Paris le 28 juin. ⚫ Mobilisation générale, venez habillés en noir ! #BlackSundayFaisons entendre notre voix pour une société qui protège, accompagne et prend soin jusqu'au bout de la vie à Paris, le 28 juin.📢 Partagez largement notre appel et rassemblons-nous ! #euthanasie#findevie… pic.twitter.com/WkI1B51Xau— Fondation Jérôme Lejeune (@FondLejeune) June 21, 2026Les opposants insistent sur la nécessité de prendre le temps d’examiner les quelque 1 800 amendements restants, loin d’une adoption précipitée. Ils plaident pour le renforcement des soins palliatifs plutôt qu’une loi qui risque de banaliser l’acte létal et de placer les soignants en première ligne d’une pratique contraire à leur éthique. Un texte devenu un enjeu politique de fin de règne pour Emmanuel Macron.