La démographie française s’essouffle. Alors que l’indice de fécondité est tombé à 1,6 enfant par femme, bien en deçà du seuil de remplacement, l’experte libérale Agnès Verdier-Molinié pointe un paradoxe inquiétant dans une note récente de l’iFrap dans un contexte national de vieillissement de la population.Les classes moyennes, premières victimes d’un arbitrage impossibleParis n’échappe pas à une tendance mondiale : l’indice de fécondité de l’OCDE est passé de 3,3 en 1960 à 1,5 en 2022. En France, il a chuté de 2,7 à 1,6 depuis les années 1960.Pourtant, les Françaises déclarent vouloir en moyenne 2,27 enfants. « Si avoir un enfant conduit encore les femmes à sacrifier leur vie professionnelle, on ne fera jamais remonter le taux de natalité », explique Agnès Verdier-Molinié dans Le Figaro.Les disparités sont marquées. Les territoires ultramarins comme Mayotte (4,49) ou la Guyane (3,32) restent plus féconds, tandis que Paris ou la Haute-Corse peinent à 1,25.Surtout, une courbe en U apparaît selon les revenus : les plus modestes (2,27 enfants) et les plus aisées (1,98) font davantage d’enfants que les classes moyennes (1,65).Ces dernières cumulent les contraintes : elles travaillent massivement, mais manquent de solutions de garde abordables. Les réformes des années 2010 (plafonnement du quotient familial, mise sous condition de ressources des allocations) ont aggravé la situation.L’Igas elle-même reconnaît que l’instabilité des politiques familiales a envoyé « un signal de défiance » aux familles, expliquant potentiellement plus de 30 000 naissances manquées par an.Pour inverser la tendance, l’experte propose une politique multileviers : accès prioritaire aux crèches pour les parents actifs dès 4 mois, suppression des droits de mutation pour les primo-accédants avec enfants, versement des allocations dès le premier enfant et une part fiscale entière. Comment relancer la natalité sans décourager le travail ?Il faut adapter les politiques familiales aux réalités actuelles : avoir un enfant ne doit pas empêcher les femmes de travailler, les familles doivent être valorisées...La tribune👇 @Le_Figarohttps://t.co/2SXeXerILs— Fondation IFRAP (@iFRAP) June 22, 2026Coût estimé : 9 milliards d’euros par an, finançables par redéploiement des dépenses familiales. Ces mesures visent à redonner confiance aux couples, en réduisant les obstacles concrets (garde, logement, fiscalité) sans inciter à l’inactivité. En février déjà, un rapport parlementaire proposait de « révolutionner » la politique familiale.Face au vieillissement annoncé : la population française devrait commencer à baisser en 2037 selon l’Insee, l’enjeu dépasse la seule démographie : il conditionne l’équilibre du modèle économique et social français.