J'sais pas si vous saviez mais l'État, ce truc qui organise et contrôle toute notre vie, sans que nous l'ayons jamais vraiment choisi, n'a que 4 siècles au compteur... C'est comme ça que débute Vivre sans État, un doc qu'ARTE qui vient de sortir dans sa collection Tracks, et que je vous recommande chaudement. Durant 51 minutes vous découvrirez de vrais gens qui ont décidé de se passer de gouvernement !Même si on a tous déjà croisé des anarchistes en mousse qui aiment encore plus le pognon qu'un banquier, c'est en général une forme d'organisation sociale qui est mal connu et mal perçu. Mais l'anarchisme revêt différentes formes et c'est ce qu'on peut voir dans ce docu.Vous y verrez des anarchistes grecs et des écolos planqués dans le désert espagnol, des micronations numériques qui promettait tous les services d'un État via la blockchain, un quartier anarchiste d'Athènes qui vit selon ses propres règles depuis des décennies ou encore une poignée d'irréductibles qui replantent le désert de Tabernas en Espagne, sans accès à l'eau courante.Et puis surtout, y'a Hakim Bey, l'inventeur des Zones Autonomes Temporaires (TAZ), ces bulles de liberté qui surgissent et disparaissent rapidement, avant que l'État et ses cabots n'aient le temps de réagir. C'est le concept de TAZ qui a d'ailleurs initié le mouvement qui a donné naissance notamment aux free party et aux mouvement hackers.La question que pose le documentaire, est la suivante : Pourquoi l'endroit où on est né devrait déterminer toute notre existence, nos perspectives économiques, et notre mode de vie ?Vaste programme... Et cette idée d'un monde sans État continue de survivre et de se propager malgré les utopies ratées. Dans le reportage, y'en a un qui explique que le gouvernement "c'est comme un ordinateur qui centraliserait des services administratifs". Il n'a pas tort même si je rajouterai que c'est un ordinateur bourré de virus et dont les mises à jour n'ont pas été faites depuis des décennies.Pour moi, ces micro-nations numériques décentralisées et toutes ces initiatives pour moins dépendre des États, ça rejoint beaucoup d'autre initiatives, sans drapeau ni constitution bizarre, comme l'IndieWebqui rebâtit un internet sans plateforme, ou ces outils qui vous aident àreprendre la main sur vos données. Pendant que certains construisent desPalantirpour tout voir, tout contrôler et tout dérober, d'autres bricolent l'inverse. Pas une nation flottante, certes, mais juste un petit peu de contrôle récupéré.Bref, j'ai trouvé ça intéressant... Si vous avez un peu de temps devant vous et que vous aimez quand on bouscule vos préjugés, je vous encourage à regarder ce documentaire.