Le Liban est de plus en plus intégré aux négociations régionales entre l’Iran et les États-Unis, mais il est aussi devenu un espace de rivalité diplomatique entre Téhéran et plusieurs monarchies du Golfe cherchant à réinscrire Beyrouth dans son environnement arabe.Pour Iran, l’enjeu est de consolider son rôle à travers les mécanismes de cessez-le-feu et les instances de suivi, afin de préserver une influence structurante sur les équilibres sécuritaires et politiques au Liban, notamment via le Hezbollah.Beyrouth à la croisée des cheminsÀ l’inverse, l'Arabie saoudite et le Qatar, aux côtés d’autres acteurs du Golfe, défendent une approche visant à réintégrer le Liban dans son espace arabe, en renforçant les institutions étatiques et en limitant les dynamiques d’influence des groupes armés dont le Hezbollah.Dans ce contexte, Doha conserve un rôle de médiation entre Téhéran et Washington, tandis que Riyad multiplie les canaux diplomatiques pour accompagner un éventuel retrait israélien et soutenir un rééquilibrage institutionnel au Liban.Les discussions s’articulent également autour de la consolidation de l’État libanais, du poids de l'armée, de la stabilisation du sud du pays et des conditions d’un éventuel désarmement progressif des groupes armés, considéré comme un élément clé de la stabilité régionale.Ces équilibres demeurent toutefois fragiles, chaque camp cherchant à influencer l’orientation stratégique du Liban, entre approfondissement de son ancrage arabe et maintien d’un rôle régional de l’Iran dans les dossiers sécuritaires.Entre la volonté iranienne de préserver ses leviers d’influence via le Hezbollah et la communauté chiite et les efforts des monarchies du Golfe pour réancrer Beyrouth dans son environnement arabe, son avenir politique et sécuritaire se joue désormais au croisement de ces équilibres mouvants, encore loin d’être stabilisés.