Les États-Unis auraient laissé des milliers de tonnes de déchets dangereux au Groenland

Wait 5 sec.

En quittant leurs anciennes installations militaires au Groenland après la Guerre froide, les États-Unis auraient laissé derrière eux une pollution bien plus importante qu’estimé jusqu’ici. C’est la conclusion d’une enquête publiée par le quotidien danois Politiken.L’enquête porte sur au moins 36 anciennes bases et autres sites militaires américains répartis sur la plus grande île du monde. Selon le journal, des milliers de tonnes de déchets dangereux ou contaminés seraient encore présents sur ces anciens emplacements.Diesel, métaux lourds et eau faiblement radioactiveParmi les déchets recensés figurent des centaines de fûts rouillés contenant du carburant diesel, des batteries automobiles, des câbles, des conduites usées, des plaques d’ardoise, ainsi que des millions de litres d’eau faiblement radioactive. Politiken précise que ces matériaux renferment également des métaux lourds et d’autres substances toxiques, susceptibles de contaminer durablement l’environnement local.Cette pollution aurait aussi des conséquences sur les écosystèmes du Groenland. D’après le quotidien, les métaux lourds et les substances dangereuses présents sur ces anciens sites affecteraient notamment les mollusques et d’autres espèces marines vivant dans les eaux de l’île.Un dossier sensible pour WashingtonCette enquête intervient alors que le Groenland occupe de nouveau une place importante dans les ambitions américaines. Donald Trump a réaffirmé à plusieurs reprises son souhait de voir l’île rejoindre les États-Unis, tandis que les autorités danoises et groenlandaises ont rappelé qu’elles attendaient de Washington le respect de leur intégrité territoriale.Le sujet est d’autant plus sensible que la présence militaire américaine au Groenland a fortement diminué depuis la fin de la Guerre froide. En janvier, le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen avait rappelé que les États-Unis étaient passés de 17 installations militaires et d’environ 10 000 soldats à une seule base encore en activité, la base militaro-spatiale de Pituffik, où sont désormais stationnés près de 200 militaires.Les informations publiées par Politiken mettent ainsi en lumière un contraste : alors que Washington justifie régulièrement sa présence au Groenland par des arguments de sécurité, l’enquête souligne que ses anciennes installations laisseraient également derrière elles un lourd passif environnemental pour l’île et ses habitants.