Guinée équatoriale : Malabo s’oppose fermement à la vente du siège de sa mission diplomatique à Paris

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La mise en vente aux enchères de l’immeuble situé aux 40 et 42 avenue Foch, à Paris, a suscité une vive réaction de la Guinée équatoriale qui réclame la propriété du bâtiment servant de siège à sa mission diplomatique en France. Dans un communiqué gouvernemental, relayé par la presse le 27 juin, Malabo a qualifié la procédure d'« illégale », soulignant qu’elle « n’est pas conforme au droit international ». Les autorités du pays ont aussi estimé que la vente constituait « un acte unilatéral, hostile et incompatible avec le respect qui doit prévaloir entre États souverains ». Elles ont affirmé également ne reconnaître « ni le fondement ni les effets de cette prétendue vente », rappelant le rôle central du respect mutuel, de la réciprocité et du droit international dans les relations diplomatiques.Pour sa part, Teodoro Nguema Obiang Mangue, le vice-président de la République de Guinée équatoriale et ancien propriétaire du bâtiment, a aussi souligné l’incompatibilité de cette vente avec le principe de respect qui « doit prévaloir entre les États souverains ».Le gouvernement agite une « application stricte du principe de réciprocité »La Guinée équatoriale a mis en garde contre des mesures qu’elle pourrait engager en cas de décisions pouvant engendrer une perturbation des activités de sa mission diplomatique à Paris. D’après le communiqué du gouvernement, une « application stricte du principe de réciprocité » pourrait être engagée avec une possible « récupération de l’immeuble utilisé par la mission diplomatique française à Malabo et l’expulsion des diplomates français de celui-ci ». Une position confirmée par Teodoro Nguema Obiang Mangue qui a parlé de réponses proportionnées, incluant l'expulsion des diplomates français de Malabo.N’excluant pas « une révision complète des relations diplomatiques avec la République française » voire une « rupture éventuelle » des relations avec la France, les autorités ont prévenu qu’en cas d’application de la décision prise par les autorités en France, elles se réservaient le droit d’adopter « toutes les mesures souveraines qui s’imposent ».Bâtiment confisqué dans le cadre de l’affaire dite des « biens mal acquis »Le bâtiment, estimé à une centaine de millions d’euros, à l’origine de ces tensions entre la Guinée équatoriale et la France, avait été confisqué par la justice française dans le cadre de l’affaire dite des « biens mal acquis ». Pour rappel, l’ancien propriétaire du bâtiment, Teodoro Nguema Obiang Mangue, avait été condamné en France pour corruption et blanchiment d’argent. L’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc) a fait savoir que l’immeuble sera cédé par lots lors de ventes aux enchères et que les fonds récoltés à la suite de la procédure allaient être restitués, selon les termes de la loi française, à la population équato-guinéenne.