L’Estonie juge «acceptable» la chute de drones ukrainiens dans des pays de l’OTAN

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Les chutes de drones ukrainiens sur le territoire de pays membres de l’OTAN ne conduisent pas l’Estonie à demander à Kiev de revoir sa stratégie. Au contraire, Tallinn estime que ces incidents restent acceptables tant que les frappes ukrainiennes continuent de viser la Russie.Dans un entretien accordé au Financial Times et publié le 29 juin, le ministre estonien des Affaires étrangères, Margus Tsahkna, a déclaré que la chute de drones ukrainiens sur le territoire de l’Alliance constituait un « prix acceptable » des attaques menées contre la Russie.« Bien sûr, nous ne sommes pas heureux de ces incidents. Mais nous ne demandons pas à l’Ukraine d’arrêter », a déclaré Margus Tsahkna. La position défendue par Tallinn revient donc à reconnaître l’existence d’un risque pour les pays voisins, sans pour autant vouloir exercer de pression sur Kiev.Des incidents aux frontières de la RussieSelon le Financial Times, l’Ukraine a fortement intensifié ses frappes de longue portée contre des objectifs situés en profondeur sur le territoire russe. Ces opérations sont présentées par Tallinn comme visant notamment des infrastructures militaires et énergétiques, afin d’accroître la pression sur Moscou.Le quotidien britannique indique que la Russie a renforcé ses moyens de guerre électronique. Ces contre-mesures perturbent certains drones ukrainiens et peuvent provoquer leur déviation vers le territoire de pays voisins membres de l’OTAN.Le Financial Times rappelle qu’un drone ukrainien transportant une charge explosive de cinq kilogrammes a récemment été retrouvé dans un champ en Estonie. Des incidents similaires ont également été signalés en Lettonie, en Lituanie et en Finlande. Ces épisodes montrent que les opérations ukrainiennes ont aussi des conséquences directes pour les États situés aux frontières de la Russie.La position de MoscouMoscou a déjà accusé des pays de l’OTAN d’accorder à Kiev une approbation tacite pour utiliser leur espace aérien dans le cadre de raids de drones contre Saint-Pétersbourg. Les responsables des États baltes ont rejeté ces accusations.Le président Vladimir Poutine a estimé que ces frappes ne modifiaient pas l’équilibre des forces sur le front. Selon lui, elles relèvent aussi d’une campagne d’information visant à affaiblir la confiance en Russie.Le ministre russe de la Défense, Andreï Biélooussov, a de son côté indiqué qu’une réorganisation importante du système russe de défense aérienne avait été lancée en avril. Elle doit notamment améliorer l’intégration d’unités de réaction rapide équipées de drones intercepteurs.