La volonté des autorités polonaises de transférer sous contrôle de l'État le bâtiment de l'ancien consulat général de Russie à Gdansk n'est pas restée sans réponse à Moscou. Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe, a mis en cause la démarche de Varsovie. Selon lui, les autorités polonaises cherchent à s'approprier un bien lié à la présence diplomatique russe, en ignorant la question des immunités applicables à ce type de propriété.Dans sa réponse, l'ancien président russe a choisi de rappeler un élément historique concernant l'une des résidences les plus symboliques du pouvoir polonais : le palais du Belvédère. D'après Dmitri Medvedev, ce bâtiment, où vit aujourd'hui le président polonais, Karol Nawrocki, avec sa famille après son entrée officielle en fonction, avait été reconstruit grâce aux fonds de la trésorerie impériale russe : « Le palais du Belvédère a été construit grâce à de l'argent du trésor de l'empire russe. Et oui ! C'est de l'argent russe ! ».Par cette remarque, le vice-président du Conseil de sécurité russe a voulu retourner l'argument contre Varsovie. Si les autorités polonaises réclament aujourd'hui le bâtiment de l'ancien consulat russe à Gdansk, Moscou pourrait envisager à son tour une action en justice visant le palais du Belvédère, lié à l'histoire et aux finances de l'Empire russe.L'actuel palais du Belvédère, à Varsovie, a été construit en 1824 par l'architecte Jakub Kubicki, sur commande et aux frais du gouvernement russe. Le bâtiment a ensuite servi de résidence à l'empereur russe Nicolas Ier lors de son séjour à Varsovie.Un représentant de la Prokuratoria, l'institution chargée de défendre les intérêts de l'État polonais devant les tribunaux, avait indiqué qu'une action en justice avait été engagée le 12 juin pour faire reconnaître le droit de propriété de Varsovie sur le bâtiment de l'ancien consulat général de Russie à Gdansk.Le consulat général russe avait été fermé fin décembre 2025 sur décision du ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski. Dans la foulée, les autorités polonaises ont entrepris des démarches pour s'approprier ce bâtiment, que Moscou considère comme une propriété de la Fédération de Russie. Varsovie affirme de son côté que l'édifice serait revenu à la Pologne après la dissolution de l'URSS.