La Namibie réclame à l’Allemagne des réparations pour le génocide commis durant la période coloniale

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La Namibie réclame à l’Allemagne des réparations pour le génocide des peuples Herero et Nama, commis au début du XXe siècle durant la colonisation allemande. Cette demande a été réaffirmée ce 27 juin à RIA Novosti par le procureur général namibien Festus Katuna Mbandeka en marge du Forum juridique international de Saint-Pétersbourg.À l’origine, Windhoek avait formulé trois demandes à Berlin : la reconnaissance officielle du génocide, des excuses publiques et le versement de réparations. Berlin a reconnu le génocide et présenté des excuses, mais la question centrale des réparations reste entière. Les discussions portent désormais sur le montant des compensations et sur la manière de les verser juridiquement.Un génocide commis durant la colonisation allemandeLe génocide s’est déroulé entre 1904 et 1908, à une époque où l’actuelle Namibie faisait partie de l’Afrique du Sud-Ouest allemande. Les troupes coloniales allemandes ont alors mené une répression meurtrière contre les peuples Herero et Nama, faisant des dizaines de milliers de victimes. Plusieurs historiens considèrent ces événements comme le premier génocide du XXe siècle.La répression ne s’est pas limitée aux massacres. Elle s’est également traduite par la création de camps de concentration et par la confiscation de terres. Plusieurs publications rappellent par ailleurs que jusqu’à 80 % de la population herero et une grande partie du peuple nama ont péri au cours de cette période.Mémoire et règlement du dossier historiqueLe procureur général a toutefois rappelé que la dimension humaine de cette tragédie ne pouvait être réduite à une question financière. Selon lui, « aucune somme d’argent ne pourra compenser les souffrances et les vies perdues ».Au-delà des réparations, les échanges entre les deux pays portent également sur les moyens de parvenir à un règlement durable de ce dossier historique. Pour Festus Katuna Mbandeka, ce processus doit s’appuyer sur des initiatives pérennes visant à préserver la mémoire des événements, plutôt que sur une démarche ponctuelle.Les négociations entre Windhoek et Berlin se poursuivent. Les autorités namibiennes privilégient un dialogue direct avec le gouvernement allemand afin de parvenir à un accord sur les réparations, tout en poursuivant un travail de mémoire autour de cette page de l’histoire coloniale.