Le Premier ministre néerlandais Rob Jetten a fourni au Parlement des informations inexactes sur son usage de l’intelligence artificielle, affirme le quotidien de Volkskrant. Une nouvelle enquête porte sur cinq publications diffusées sur ses comptes officiels.Le 29 septembre, Jetten avait assuré à la Chambre des représentants qu’« aucune IA n’avait été utilisée » sur ces comptes. En septembre, le journal avait déjà révélé que le dirigeant et son parti, D66, avaient utilisé cette technologie pour produire des centaines de messages sur les réseaux sociaux.Les comptes rendus de cette première enquête évoquaient notamment des publications sur le conflit en Ukraine et le crash du vol MH17 en 2014. Mais, au cœur de la polémique, figure surtout la distinction établie par le gouvernement entre les comptes personnels de Jetten et ses comptes officiels.Cinq messages au cœur de l’enquêteJetten avait assuré à RTL que les textes préparés avec l’IA étaient toujours vérifiés. Le service d’information du gouvernement (RVD) affirmait que cet usage se limitait aux comptes personnels du dirigeant, gérés avec D66, et ne concernait pas ses comptes officiels.Or, selon de Volkskrant, le détecteur Pangram a identifié comme générés par l’IA cinq messages publiés sur ces comptes au cours des six derniers mois. Deux experts consultés jugent très improbable que les cinq résultats soient erronés. Ils relèvent également des tournures et des structures répétitives. Sur 2 000 publications rédigées par des humains, le journal a relevé un taux de faux positifs de 0,1 %.Le RVD ne nie pas le recours à l’IA, mais conteste que ces textes aient été entièrement produits par cette technologie. Il précise qu’ils s’appuient sur des dossiers politiques, des notes de réunion et des textes antérieurs.Les règles du gouvernement en questionLes règles officielles sont également en cause. Selon de Volkskrant, les recommandations de 2025 interdisent de reprendre tels quels des textes générés par l’IA et prévoient de signaler les contenus ainsi produits lorsqu’ils sont destinés aux citoyens. Aucun des messages examinés ne portait cette mention.Le RVD invoque une nouvelle directive dispensant de signalement après contrôle humain. Or, selon les métadonnées relevées par le journal, la page présentant cette directive a été créée le 17 septembre, après la première enquête.Les experts contestent également la distinction entre comptes « privés » et « officiels », les publications étant liées aux fonctions de Jetten. Le constitutionnaliste Wim Voermans juge « politiquement inexplicable » une négation catégorique si l’usage de l’IA est établi. Pour le juriste Paul Bovend’eert, un Premier ministre reste responsable, quoi qu’il en soit, de sa communication.