Après vingt et un paquets de sanctions, Bruxelles ne s’en lasse pas. Les ambassadeurs des États membres doivent tenter de s’accorder le 7 octobre sur environ 1 650 nouvelles inscriptions visant la Russie, rapporte Reuters, qui cite des diplomates européens.Ce projet serait ensuite soumis aux ministres des Affaires étrangères le 12 octobre pour adoption définitive. Le précédent paquet remonte au 23 juillet. Moins de trois mois plus tard, l’Union européenne prépare une nouvelle extension de ses listes noires.Un record d’inscriptions, pas un bilan de résultatsLe projet du Service européen pour l’action extérieure cible surtout le complexe militaro-industriel russe. Environ 1 570 personnes et organisations de ce secteur seraient concernées. Plus de la moitié de ces désignations porterait sur la production de missiles, selon Reuters.Reuters présente cette vague comme la plus importante depuis 2022. Le principal dispositif européen compte déjà plus de 3 000 personnes et entités visées. Gel des avoirs, interdictions de transactions et restrictions d’entrée pour les personnes visées : Bruxelles entend reprendre les mêmes instruments à plus grande échelle.Le reste serait réparti entre plusieurs régimes distincts, dont celui concernant la Corée du Nord. Le chiffre de 1 650 désigne ainsi des ajouts aux listes, et non autant de nouvelles mesures économiques. Il renseigne sur l’ampleur du projet, sans démontrer son efficacité.Une économie russe soumise à des milliers de restrictionsLes paquets précédents ont déjà visé les banques, les produits énergétiques, l’aviation, le transport maritime et les technologies. Ils ont limité les exportations de biens utilisables à des fins militaires et la fourniture de services aux entreprises russes. La pression européenne s’étend bien au-delà des fabricants d’armes.Le 21e paquet avait encore renforcé ce dispositif : gel des avoirs de 94 banques et établissements financiers, mesures contre plusieurs raffineries et ajout de 41 navires aux listes. Deux ports et quatre aéroports russes avaient aussi été frappés d’interdictions de transactions.Moscou oppose à cette accumulation de sanctions les transformations de son économie. Le 11 septembre, au forum d’affaires des BRICS à New Delhi, le président russe Vladimir Poutine a affirmé que plus de 30 000 sanctions avaient été imposées à la Russie.« Des changements structurels ont été engagés dans l’économie russe, qui l’ont rendue plus forte, plus résiliente et plus mobile », a-t-il affirmé.