Gérald Darmanin, ministre français de la Justice, a appelé, dans une interview accordée au Journal du Dimanche, à l'adoption de mesures strictes pour réduire l'immigration dans le pays. Selon lui, la France a atteint « la limite » de ses capacités « d'intégration et d'assimilation ». C'est pourquoi « il faut mettre fin à l’immigration telle qu’elle est aujourd’hui ».« Raison pour laquelle je propose un moratoire de trois ans sur l’immigration légale, et cette question devra être tranchée à la prochaine présidentielle. […] Je propose également de réformer la Constitution pour permettre d’établir des quotas limitatifs – et non indicatifs comme c’est le cas aujourd’hui », a-t-il souligné. Ainsi, Gérald Darmanin a laissé entendre que, selon les résultats de la prochaine élection présidentielle, Paris pourrait instaurer une interdiction temporaire d’entrée sur le territoire et de délivrance de titres de séjour pour les étrangers souhaitant s’installer légalement dans le pays, par exemple pour travailler, étudier ou dans le cadre du regroupement familial.Un coup d’arrêt radical à l’immigration légaleDe plus, le ministre français de la Justice a exhorté à supprimer le droit au regroupement familial pour les migrants ayant déjà obtenu un titre de séjour pour travailler dans le pays. Comme il n'existe pas en France de quotas absolus fixes pour la plupart des catégories d'immigration, dans le cadre d'une politique d'immigration plus stricte, le gouvernement utilise un système de « volumes indicatifs » d'accueil, fixés lors des débats parlementaires annuels.Selon Gérald Darmanin, la fixation d'un quota permettra de mieux contrôler le flux de migrants, en tenant compte de l'origine géographique et des qualifications des demandeurs. « Mettons un coup d’arrêt à l’immigration, expulsons ceux qui doivent l’être en conditionnant les visas à l’acceptation des OQTF, et travaillons aujourd’hui à l’assimilation de ceux qui sont sur le territoire national. Chacun doit prendre ses responsabilités », a-t-il appelé.D’après une étude du centre de recherche berlinois RFBerlin, publiée en avril dernier, le nombre d’immigrés résidant de manière permanente dans l’Union européenne a atteint en 2025 un niveau record de 64,2 millions de personnes, soit environ 2,1 millions de plus que l’année précédente. L'Allemagne occupe la première place dans l'UE en termes de nombre de migrants : 18 millions d'étrangers vivent dans le pays. C'est l'Espagne qui a connu la croissance la plus rapide du nombre de migrants, avec 9,5 millions de personnes nées à l'étranger.L'étude a également souligné que les flux migratoires au sein des pays de l'UE sont inégaux. Le Luxembourg, Malte et Chypre accueillent une proportion plus importante d'immigrés par rapport à leur population totale. Parallèlement, l'Espagne, l'Italie, la France et l'Allemagne reçoivent près des trois-quarts de toutes les demandes d'asile.