Face à la hausse saisonnière de la demande énergétique, l’Algérie réaffirme son rôle de soutien stratégique envers la Tunisie en garantissant la continuité de ses exportations d’électricité pour l’été 2026. Malgré des tensions sur son propre réseau national, soumises à de fortes pressions liées aux pics de consommation, Alger choisit de maintenir ses engagements contractuels afin d’assurer la stabilité énergétique de son voisin. Cette décision s’inscrit dans une logique de solidarité régionale assumée par les autorités algériennes.Cette orientation a été confirmée lors d’une rencontre à Alger entre le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, et une délégation de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz, la STEG, conduite par son PDG Fayçal Trifa. Les échanges ont permis de consolider la coopération bilatérale, avec pour objectif principal de sécuriser l’approvisionnement électrique tunisien durant les périodes de forte chaleur, tout en renforçant la coordination technique entre les deux pays.Un projet maghrébin Au-delà de la gestion immédiate des besoins estivaux, les discussions ont ouvert la voie à un projet structurant à l’échelle régionale : la mise en place d’un réseau électrique interconnecté entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye. Ce projet vise à créer un marché énergétique intégré en Afrique du Nord, capable d’améliorer la résilience des systèmes électriques nationaux face aux crises climatiques et aux déséquilibres de production.Les autorités algériennes ont insisté sur la nécessité d’accélérer la concrétisation de cette interconnexion tripartite, considérée comme un levier stratégique d’intégration économique et énergétique. Une telle infrastructure permettrait non seulement de sécuriser les approvisionnements, mais aussi de faciliter les échanges d’électricité entre les trois pays en fonction des besoins saisonniers.Parallèlement, les deux parties ont évoqué un projet de grande envergure : la construction en Tunisie d’une centrale électrique à cycle combiné d’une capacité estimée à 1 400 mégawatts. Ce chantier, encore à l’étude, pourrait constituer un tournant majeur dans le renforcement des capacités de production tunisiennes, avec un appui technique attendu de l’expertise algérienne.Enfin, les responsables des deux pays ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coopération opérationnelle entre Sonelgaz et la STEG, afin d’améliorer la planification énergétique et d’anticiper les futures tensions sur les réseaux. Cette dynamique s’inscrit dans une vision commune de développement énergétique régional, fondée sur la mutualisation des ressources et des compétences.