La France hausse le ton face à l’extension des opérations militaires israéliennes au Liban. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé avoir demandé la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies afin d’examiner la situation sur le terrain.Intervenant le 31 mai sur BFMTV, le chef de la diplomatie française a estimé : « rien ne peut justifier la prolongation des opérations militaires » menées par Israël au Liban ni « son occupation de plus en plus profonde du territoire libanais ».Pour Paris, cette stratégie constitue une erreur majeure susceptible d’alimenter davantage les tensions dans une région déjà fragilisée par plusieurs mois de conflit. « Il s’agit là, pour Israël, d’une faute majeure », a affirmé le ministre.Cette prise de position intervient alors que les combats se poursuivent dans le sud du Liban. L’armée israélienne a récemment étendu ses opérations contre le Hezbollah et appelé les habitants des zones situées au sud du fleuve Zahrani à évacuer vers le nord, avertissant que tout bâtiment utilisé à des fins militaires pourrait être pris pour cible.Dans le même temps, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a annoncé que les forces israéliennes avaient pris le contrôle de la forteresse de Beaufort, un site stratégique du sud du Liban. L’armée israélienne a également fait état de la mort d’un soldat tué par un drone explosif attribué au Hezbollah.Les autorités libanaises dénoncent de leur côté une intensification de l’offensive israélienne. Le Premier ministre libanais a accusé Israël de mener une « politique de la terre brûlée » contre son pays, alors que les affrontements continuent de provoquer déplacements de population et destructions dans plusieurs régions du sud.Au-delà du dossier libanais, Jean-Noël Barrot a également appelé les États-Unis et l’Iran à parvenir rapidement à un accord afin d’éviter une nouvelle détérioration de la situation régionale. Selon lui, les tensions autour du détroit d’Ormuz et les risques pesant sur la liberté de navigation constituent une menace directe pour l’économie mondiale.Le ministre a indiqué que la France poursuivait les travaux de planification d’une éventuelle mission destinée à garantir la liberté de circulation dans cette voie maritime stratégique, tout en maintenant des échanges avec Washington et Téhéran.