Darmanin veut organiser de grands procès dans l’enceinte des prisons

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Gérald Darmanin, ministre français de la Justice, a annoncé son intention d'organiser de grands procès dans l’enceinte pénitentiaire de Fleury-Mérogis. Le but est de sécuriser les extractions judiciaires et de limiter les risques après l’évasion meurtrière de Mohamed Amra en 2024. Le coût estimé de ce projet varie entre 6 et 7 millions d’euros. Inspiré du modèle italien antimafia, il semble s’appuyer sur les quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) déjà existants ou en projet.Le garde des Sceaux met en avant la praticité et les économies attendues, critiquant notamment le coût exorbitant des transferts en hélicoptère. Un troisième QLCO doit ouvrir à Réau, à proximité de Fleury-Mérogis.Cette annonce suscite de vives oppositions dans le monde judiciaire. « On a découvert ça dans la presse, c’était la surprise totale », a réagi Ludovic Friat, président de l’Union syndicale des magistrats (USM). « La justice doit être rendue dans un palais de justice. Les centres pénitentiaires sont des lieux d’exécution des décisions judiciaires, pas des lieux de jugement. » Le Syndicat de la magistrature, engagé à gauche, dénonce quant à lui « une entreprise de casse de la justice » et une atteinte à la présomption d’innocence, à l’impartialité et à la publicité des débats.D’autres internautes saluent au contraire une mesure pragmatique face aux risques d’évasion et à la surpopulation carcérale. Les avocats, par l’intermédiaire de l’Association des avocats pénalistes, y voient une « justice d’exception » portant atteinte aux droits des prévenus.Un précédent contesté avait déjà eu lieu à Fleury-Mérogis en 1998 lors d’un procès islamiste de grande ampleur. Pour promouvoir sa réforme, le ministre organise même une audience fictive de plaider-coupable place Vendôme, ce 2 juin, dont les images ont été diffusées en direct. 🔴 DIRECT | Audience fictive de jugement des crimes reconnus https://t.co/qeGdI7mVxg— Ministère de la Justice (@justice_gouv) June 2, 2026Le texte élargissant cette procédure aux crimes doit être examiné à l’Assemblée nationale à partir du 29 juin. Gérald Darmanin, en pleine pré-campagne en vue de l’élection présidentielle de 2027, multiplie les annonces sécuritaires dans un domaine où il dispose d’une marge de manœuvre plus importante qu’ailleurs.