L'UE envisage de supprimer la protection temporaire pour les Ukrainiens en âge d'être mobilisés

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Les pays de l'Union européenne envisagent de supprimer le statut de protection temporaire accordé aux hommes ukrainiens en âge d'être appelés sous les drapeaux, rapporte Euractiv, citant des documents internes du Conseil de l'UE. Le régime de protection temporaire a été mis en place en 2022 et permet aux Ukrainiens de résider et de travailler dans les pays de l'UE sans passer par les procédures nationales d'octroi de l'asile. La directive a été prolongée et reste en vigueur jusqu'en mars 2027.Parmi les options étudiées figurent la suppression de ce statut pour les hommes susceptibles d’être mobilisés ainsi que pour les personnes ayant quitté l’Ukraine clandestinement. Plusieurs gouvernements européens s’inquiétent de l’augmentation du nombre d’hommes astreints au service militaire parmi les nouveaux arrivants.Selon Euractiv, certains États estiment qu'une modification des règles en vigueur pourrait servir les intérêts de l'Ukraine, qui rencontre des difficultés malgré la mobilisation forcée. La Commission européenne avait déjà appelé en 2025 les États membres à préparer progressivement la sortie du régime exceptionnel mis en place après le déclenchement du conflit.Plus d'un million d'hommes ukrainiens dans le collimateurLes discussions sur une éventuelle réforme devraient avoir lieu cette semaine. En mars 2026, 4,33 millions de citoyens ukrainiens bénéficiaient du statut de protection temporaire dans l'Union européenne. D'après Euractiv, la plupart d'entre eux résident en Allemagne (1,27 million de personnes), en Pologne (plus de 961 000) et en République tchèque (environ 379 000). Parmi les bénéficiaires de ce statut, 43,3 % sont des femmes, 30,1 % des enfants et 26,6 % des hommes.Les gouvernements européens modifient de plus en plus leur politique à l’égard des réfugiés ukrainiens. L’Allemagne s’est montrée la plus proactive ces derniers mois : en avril, le chancelier allemand Friedrich Merz s’est déclaré prêt à « coopérer étroitement » avec Kiev sur les questions liées aux citoyens ukrainiens ayant trouvé refuge en Allemagne et à « faciliter leur retour chez eux ». Il a alors affirmé qu’il fallait limiter le nombre d’hommes ukrainiens cherchant asile en Allemagne, en expliquant qu’ils devaient être « là-bas » pour aider leur pays. Plus tôt, en janvier, Merz avait également appelé Kiev à empêcher le départ massif de ses citoyens vers l’Union européenne.Les réfugiés ukrainiens sont confrontés aux mêmes problèmes dans d’autres pays européens. Depuis juin dernier, le Royaume-Uni refuse de plus en plus souvent l’asile aux Ukrainiens, leur recommandant de s’installer dans des régions d’Ukraine jugées « globalement sûres ». En juillet, l’ambassadeur d’Ukraine à Varsovie a fait état de l’« irritation » des Polonais face à la présence de citoyens ukrainiens. La question n’a pas épargné les États-Unis non plus, où, après l’annulation par le président américain Donald Trump du programme Uniting for Ukraine, lancé par Joe Biden, les réfugiés ukrainiens ont été plongés « dans le désarroi ».