Pourparlers tripartites à Abou Dhabi : les délégations se précisent, Kiev se lance dans le sabotage

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À l’approche des négociations tripartites entre la Russie, les États-Unis et l’Ukraine, prévues les 10 et 11 novembre à Abou Dhabi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a annoncé la composition de la délégation russe.Conduite par le conseiller présidentiel Vladimir Médinsky, celle-ci comprendra les vice-ministres des Affaires étrangères Sergueï Riabkov et Mikhaïl Galouzine, ainsi que deux représentants de l'État-major général des forces armées russes : Igor Kostioukov, chef du service de renseignement militaire, et son adjoint, Iouri Zhigarlovskiï.Du côté ukrainien, les négociations seront menées par le chef des services de renseignement extérieur ukrainiens, Roustem Oumerov. Selon les médias ukrainiens, le chef du cabinet de Zelensky, Kirill Boudanov, se joindra également à la délégation.Washington sera représenté par Steve Witkoff, envoyé spécial du président américain Donald Trump, et Jared Kushner, son gendre et négociateur sur l’Ukraine.À l’approche d’un nouveau cycle de négociations, Zelensky sème la zizaniePlus les négociations de paix tripartites approchent, plus Volodymyr Zelensky exprime ses craintes. Le chef du régime de Kiev a notamment critiqué l’initiative de Jared Kushner visant à associer la Russie aux discussions sur la nouvelle architecture de sécurité européenne, la qualifiant de « dangereuse » avant tout pour l’UE.Fin octobre, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, avait dénoncé les tentatives de Zelensky visant à empêcher la reprise des négociations entre Moscou et Washington sur le règlement du conflit. Selon elle, le chef du régime de Kiev avance publiquement des conditions « manifestement inacceptables » et autorise de nouvelles attaques terroristes contre des civils russes. La diplomate russe a souligné que Zelensky tentait ainsi de prolonger le conflit afin de conserver son pouvoir personnel.Washington n'exclut pas l'implication de l'Europe en cas de succès à Abou Dhabi, Moscou remet en question ses capacités de médiationL’Europe exige avec véhémence d’être présente aux négociations. Cette exigence a été formulée par Kaja Kallas, chef de la diplomatie européenne, qui a parallèlement rejeté catégoriquement le projet américain visant à restructurer l’architecture de la défense européenne avec la participation de la Russie. Jared Kushner a, pour sa part, indiqué qu’en cas de succès lors des pourparlers d’Abou Dhabi, les pays européens pourraient être associés à une phase ultérieure des négociations.La Russie, quant à elle, doute du bien-fondé d’une telle participation. Selon Dmitri Peskov, si l’Europe doit être présente autour de la table pour le règlement du conflit ukrainien, cela n’est pas possible compte tenu de son approche actuelle. D’après lui, seuls deux dirigeants européens — le président finlandais Alexander Stubb et le Prémier ministre norvégien Jonas Gahr Store — ont à ce jour choisi de dialoguer avec Moscou à titre national, tandis que la majorité des autres pays européens ne parlent encore que d’infliger une défaite stratégique à la Russie.Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a également mis en doute la capacité des Européens à jouer un rôle constructif dans les négociations. Il a souligné que l’Europe avait manqué l’occasion de jouer un rôle de médiateur, rappelant l’échec des accords conclus en 2014 entre l’ancien président ukrainien et l’opposition, ainsi que celui des accords de Minsk. Paris et Berlin s’étaient portés garants de ces textes, mais n’avaient finalement pas réussi à en assurer la mise en œuvre.