Les tempêtes ne sont pas la seule source d’inquiétude sur Mars. Une combinaison spatiale recouverte de poussière pourrait en rapporter à l’intérieur d’une base habitée. Le 26 octobre, la NASA a présenté une étude consacrée aux particules déposées sur différents matériaux exposés à l’environnement martien.Jusqu'à 700 fois plus fines qu'un cheveuSur le robot Perseverance, des échantillons de matériaux comparables à ceux des combinaisons spatiales sont exposés à l'environnement martien. Les grains accumulés sur leurs surfaces ont été examinés avec PIXL, un instrument qui analyse la matière aux rayons X.Les mesures révèlent des grains de 100 à 200 nanomètres. Un nanomètre représente un milliardième de mètre. Un grain de 100 nanomètres est ainsi près de 700 fois plus fin qu'un cheveu humain. Les particules les plus petites restent accrochées aux matériaux, même quand les grains plus gros se détachent.Scott VanBommel, chercheur à l'université Washington de Saint-Louis et principal auteur de l'étude, a expliqué : « Les plus gros amas, les moutons de poussière martienne, se détacheront au fil du temps. Mais les particules les plus petites restent en place, et ce sont elles qui posent le plus grand problème aux systèmes de soutien de la vie humaine. »Comment la poussière pourrait-elle atteindre le cerveau ?Lorsqu'une personne respire, le nez et les voies respiratoires retiennent une partie des poussières. Les plus fines peuvent aller beaucoup plus loin, jusqu'aux profondeurs des poumons. Des études réalisées sur Terre montrent que certaines particules peuvent passer dans le sang. Pour les particules ultrafines, le nerf olfactif constitue aussi une voie possible entre le nez et le cerveau.Aucune expérience directe sur l'être humain ne permet encore de connaître les effets de l'inhalation de poussière martienne. Les travaux sur les poussières terrestres donnent des pistes, pas des certitudes sur Mars. La poussière martienne contient aussi des perchlorates, des sels chimiques potentiellement toxiques. Le risque dépendrait de la quantité inhalée et de la durée d'exposition.Empêcher la poussière d'entrer dans les habitatsL'atmosphère de Mars est impropre à la respiration humaine. Les astronautes vivraient donc dans des modules fermés. Le risque apparaîtrait au retour des sorties, lorsque des grains restés sur les bottes ou les combinaisons seraient introduits à l'intérieur. L'électricité statique les fait aussi adhérer aux surfaces, d'où la difficulté à les enlever.Des tissus moins sensibles aux dépôts, des filtres et des sas pourraient limiter ce transfert. Un sas est une pièce intermédiaire entre la base et l'extérieur, où l'on peut retirer les poussières avant de rejoindre les espaces de vie. La protection de l'air intérieur sera l'une des conditions essentielles à une éventuelle installation humaine durable sur Mars.