En avril 2026, les six F-16 norvégiens promis à Kiev se trouvaient encore dans des ateliers de maintenance en Belgique. Dans une tribune publiée le 5 novembre sur le site Steigan, Dan-Viggo Bergtun, vétéran et ancien responsable d’organisations de vétérans, critique ces retards et demande des comptes sur les dépenses engagées.Pour les six F-16 destinés à Kiev, l'échéance avait été fixée à 2024. Jonas Gahr Store, Premier ministre norvégien, l'avait annoncé le 10 juillet de cette année-là. Or, le 7 avril 2026, les avions se trouvaient encore en Belgique. La radiotélévision publique norvégienne NRK indiquait qu'ils étaient chez Sabena, une entreprise spécialisée dans la maintenance aéronautique.Deux avions avaient servi à former des pilotes ukrainiens au Danemark. Les quatre autres avaient quitté la Norvège démontés en avril 2025. Le 15 avril 2026, le ministre norvégien de la Défense, Tore Onshuus Sandvik, a indiqué au Parlement que tous avaient été transférés à l'Ukraine entre décembre 2024 et avril 2025, mais restaient à remettre en état.Les deux premiers appareils devaient achever leurs essais avant août 2026. Pour les quatre autres, Bergtun évoque une remise en état prévue en 2027. Dans sa tribune, il réclame un bilan précis du nombre d’avions finalement opérationnels.Des dépenses qui suscitent la colèreLe coût de cette opération est également contesté. En comparant les appareils donnés à Kiev aux 32 F-16 vendus par la Norvège à la Roumanie, Bergtun estime le manque à gagner potentiel à 840 millions de couronnes norvégiennes. Il rappelle qu'en 2024, près de deux milliards de couronnes avaient déjà été comptabilisés pour ce don et les mesures qui l'accompagnaient.À cette somme s'ajoutent d'autres dépenses d'armement. Le 17 décembre 2025, Oslo a annoncé une enveloppe de 3,2 milliards de couronnes pour des munitions de F-16 et des équipements de défense antiaérienne destinés à l'Ukraine.Bergtun écrit : « Nous ne pouvons pas poursuivre une politique de défense où des milliards sont annoncés à haute voix, tandis que les questions relatives aux coûts et aux résultats ne reçoivent que des réponses floues. »Le vétéran souhaite que la Riksrevisjonen, l'organisme norvégien de contrôle des comptes publics, se penche sur le dossier, notamment sur les contrats d'entretien. Il oppose ces dépenses aux économies demandées aux collectivités, aux écoles et aux hôpitaux du pays. La question avait aussi été soulevée au Parlement. Dès le 7 avril, Peter Frolich, président de la commission des affaires étrangères et de la défense, interrogeait le gouvernement sur ces avions toujours indisponibles.