Trump se vante de son amitié avec Xi, tandis que la presse ne voit aucun progrès significatif : ce qu’il faut retenir de la rencontre en Chine

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La visite du président américain Donald Trump en Chine touche à sa fin. Les deux jours que le locataire de la Maison Blanche a passés à Pékin en compagnie du président chinois Xi Jinping ont été marqués par un cérémonial fastueux et de belles paroles, et Trump est reparti très satisfait, déclarant que la visite avait été « incroyable » et que les États-Unis et la Chine avaient réussi à conclure plusieurs « bons accords commerciaux ».Cependant, derrière ces phrases grandiloquentes se cache une réalité moins réjouissante, car les résultats se sont avérés très maigres : la délégation américaine a quitté l'Empire du Milieu avec un bilan minimal, tandis que le président chinois a remporté plusieurs victoires. La question clé, qui préoccupe et touche directement les deux puissances, est celle de Taïwan. Selon des sources citées par Reuters, bien que le sommet se soit déroulé en grande pompe en apparence, Xi a adressé à Trump, à huis clos, un avertissement sévère : tout traitement inapproprié de l’île pourrait conduire à un conflit.À la fin de la visite, le président américain a éludé les questions des journalistes sur ce sujet sensible. Il a fait de même avec le président chinois. Selon ses propres termes, il a refusé de préciser si les États-Unis étaient prêts, le cas échéant, à défendre Taïwan. Trump a ajouté que la seule personne qui connaissait la réponse à cette question, c'était lui-même.L'accord décevant de Trump, la stratégie à long terme de XiEn évoquant les accords « bons » de Trump, Reuters n'a mentionné que celui portant sur l'achat par la Chine de 200 avions Boeing, dont Trump lui-même avait fait état. Cependant, même cet accord a été jugé modeste : avant la visite, la société s'attendait à une commande de 500 avions de ligne, et après l'annonce que Pékin n'était prêt à acheter que 200 avions commerciaux américains, les actions de Boeing ont chuté de plus de 4 %.En outre, aucune des deux parties n’a fait état d’une prolongation de la trêve commerciale. Les deux dirigeants s’étaient mis d’accord sur celle-ci en octobre dernier, promettant de conclure un accord commercial complet précisément lors de la visite de Trump en Chine. Cependant, à l'approche de cette visite, la plupart des experts ont estimé que la prolongation de la trêve, dans le cadre de laquelle Washington ne relève pas les droits de douane sur les exportations chinoises et Pékin ne limite pas ses livraisons de métaux rares vers les États-Unis, constituait l'option la plus réaliste.Et pourtant, le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, qui accompagnait Trump, a déclaré le 15 mai à Bloomberg qu'aucune décision n'avait encore été prise concernant la prolongation de la trêve après son expiration, prévue pour fin octobre. Il a également reconnu que, malgré une amélioration des exportations de terres rares de la Chine vers les États-Unis, Pékin continuait de retarder la délivrance de certaines licences d'exportation et que les responsables américains devaient intervenir au nom des entreprises lésées. Dans la même interview, Greer a admis qu'aucune avancée n'avait été enregistrée concernant les livraisons de puces Nvidia H200 aux entreprises chinoises, malgré l'inclusion de dernière minute du PDG de Nvidia, Jensen Huang, à la délégation américaine.Dans le même temps, selon Reuters, alors que Trump recherchait des victoires commerciales rapides, Xi a promu un « redémarrage » à long terme et un pacte visant à maintenir des relations commerciales stables, ce qui souligne les priorités divergentes des deux parties. Le dirigeant chinois a également introduit un nouveau terme pour décrire ces relations — « stabilité stratégique constructive » —, marquant ainsi un changement radical par rapport à l’expression « concurrence stratégique », utilisée par l’ancien président américain Joe Biden et que Pékin déteste.« Nous voulons que le détroit soit ouvert, mais on est en train de le fermer »Au cours des négociations, Donald Trump et Xi Jinping ont également abordé la question de l'Iran, que Washington avait désignée comme l'un des principaux points à l'ordre du jour à la veille de sa visite à Pékin. « Nous avons discuté de l’Iran. Nous partageons largement nos points de vue sur le sujet : on veut que ça s’arrête. Nous ne voulons pas qu’ils aient l’arme nucléaire. Nous voulons que le détroit [d'Ormuz] soit ouvert, mais on est en train de le fermer. Ils l’ont fermé et nous l’avons refermé, mais nous voulons que le détroit soit ouvert, nous voulons qu’ils en finissent parce que c’est un truc de dingue. Ils sont un peu fous et ça ne va pas du tout », a lancé le président américain en commentant les résultats des négociations. La partie chinoise n’a toutefois fait aucun commentaire à ce sujet.Dans l’ensemble, la visite du locataire de la Maison Blanche s’est avérée peu fructueuse pour les États-Unis et a surtout été marquée par les déclarations spontanées de Trump, qui se résumaient principalement à des éloges sur l'hospitalité de Xi. Lors d’un thé pris en commun, Trump s'est ainsi extasié sur la résidence de Xi, située dans le centre de Pékin au sein d’un complexe clôturé non loin de la Cité interdite.Le président Xi reçoit très rarement des dirigeants étrangers dans cette résidence, ce qu'il a d'ailleurs précisé à Trump. Avant de s'asseoir à la table des négociations, les deux dirigeants se sont promenés dans le jardin. Trump, ne pouvant contenir son admiration, a déclaré son admiration pour des roses, les plus belles que « quiconque ait jamais vues ». Xi Jinping a promis d'envoyer au locataire de la Maison Blanche des graines de ces fleurs.Par ailleurs, Donald Trump a annoncé la visite de retour du dirigeant chinois aux États-Unis, indiquant qu’ils se reverraient le 24 septembre et exprimant l’espoir que Xi Jinping serait tout aussi impressionné par les États-Unis que lui-même l’avait été par la Chine.