« Ces hommes de foi ont toujours joué un rôle d’apaisement ». Dans une interview au site d’information TSA, le recteur de la Grande Mosquée de Paris Chems-Eddine Hafiz est revenu sur ses rapports avec le pape François et sa prochaine rencontre avec son successeur, le pape Léon XIV qui s’est récemment rendu en Algérie. Le responsable religieux a également salué l’ancien archevêque d’Alger (1988 – 2008), Henri Teissier, qu’il a côtoyé. Décédé à Lyon, ce Franco-Algérien a été enterré dans la basilique Notre-Dame d’Afrique à Alger.Chems-Eddine Hafiz a regretté les « manipulations » et « instrumentalisations, je dirais, honteuses » qui, en France, ont à ses yeux entouré la visite du Saint-Père en Algérie et la « propagande anti-algérienne » que feraient, selon lui, des journalistes de Paris Match. « Musulmans, islam, sont des propos qui – aujourd’hui - sont extrêmement difficiles à accepter dans cette Europe qui se droitise, qui devient intolérante », a-t-il par ailleurs dénoncé, évoquant une « montée exécrable de l’islamophobie » dans « tous les pays » du Vieux Continent.« Il y a, il faut le reconnaître, un certain nombre de personnes qui, aujourd’hui, soufflent sur les braises pour que la situation entre les deux pays ne s’améliore pas », a-t-il par ailleurs déclaré sur la relation franco-algérienne. « Je crois que le peuple algérien a montré qu’il n’avait pas de ressentiment, qu’il n’avait pas d’aigreur particulière à l’égard du peuple français, de la France, bien au contraire », a-t-il par ailleurs estimé.« Je crois en la sincérité des hommes qui veulent absolument que la relation entre l’Algérie et la France retrouve une certaine normalité », a également assuré Chems-Eddine Hafiz, après avoir évoqué les « interventions » à « des moments propices » du président algérien Abdelmadjid Tebboune « où l’on avait l’impression qu’il n’y avait plus de retour en arrière » possible.« Si on nous bâillonne, on aura toujours d’autres formes d’expression »Saluant la liberté d’expression en France, son État de droit, le recteur de la Grande Mosquée de Paris a fait part de son espoir que les députés ne votent pas en faveur du projet de loi Yadan. Sous sa forme de proposition de loi, le texte visait à faciliter « les poursuites en cas de contestation de l'existence de l'État d'Israël ».« Chercher à verrouiller une expression, cela ne marche pas et c'est contre-productif », a-t-il estimé. « Je connais des gens qui sont très attachés à Israël et qui contestent ce projet de loi », a estimé Chems-Eddine Hafiz.« Nous sommes dans une situation où aujourd’hui il y a des génocides qui sont menés à Gaza […] on voit ce qui se passe au Liban, les massacres de populations […] on peut se poser des questions et on a le droit de se les poser. Si on nous bâillonne, on aura toujours d’autres formes d’expression », a-t-il ajouté et d’insister sur la situation au Moyen-Orient : « on ne peut pas tuer des enfants, on ne peut pas tuer des mamans… on tire sur des hôpitaux, on bombarde des écoles, ce n'est pas normal ».