Pour activer ce nouveau pilote graphique libre, il faut littéralement réclamer un pilote cassé

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Je ne vous apprends rien, un GPU, c'est la puce qui calcule l'image que vous voyez à l'écran. Pour qu'elle fonctionne, il lui faut un pilote, le logiciel qui fait le lien entre le matériel et le système d'exploitation.Sur les puces Arm Mali, qu'on retrouve dans des tas de smartphones et de cartes type Raspberry Pi, Arm ne fournit pas de pilote libre. Du coup une bande de développeurs a monté Panfrost, un pilote libre reconstruit en grande partie par reverse-engineering, c'est-à-dire en observant le comportement du matériel pour deviner comment il marche.Panfrost et son cousin PanVK, la version dédiée à Vulkan (l'interface graphique moderne pour les jeux et les applications 3D), viennent de prendre en charge le Mali G1 Pro. C'est le GPU le plus récent d'Arm, basé sur l'architecture maison baptisée "v14". Jusqu'ici, le haut du panier supporté s'arrêtait au Mali-G725 sorti en 2024. Le support arrivera officiellement avec Mesa 26.2, la prochaine grosse version de la bibliothèque graphique libre, attendue le trimestre prochain.Pour comprendre pourquoi c'est un gros sujet, il faut savoir qui utilise Panfrost. Tous ceux qui font tourner Linux sur du matériel Arm, des cartes de bricolage aux ordinateurs portables ou aux téléphones reconvertis, en dépendent pour avoir une accélération graphique digne de ce nom.Sans ces pilotes libres, ce matériel reste à moitié aveugle côté affichage. Que le projet suive d'aussi près les puces les plus récentes d'Arm, c'est donc tout sauf un détail.Attention quand même, on est très loin d'un truc fini. Les tests sont encore limités, des morceaux peuvent manquer ou être carrément cassés. Et les développeurs ne s'en cachent pas : pour activer le pilote Vulkan sur ces nouvelles puces, il faut passer par une variable d'environnement nommée, je vous jure que c'est vrai, PAN_I_WANT_A_BROKEN_VULKAN_DRIVER=1. Soit "je veux un pilote Vulkan cassé" en français. Difficile d'être plus honnête.Côté modèles, le G1 Pro est pris en charge mais ses grands frères, les G1-Premium et G1-Ultra, ne sont pas encore de la partie. Ça viendra sûrement, c'est souvent comme ça que le projet avance : une puce après l'autre, à mesure que le reverse-engineering progresse et que les développeurs comprennent les entrailles de chaque nouvelle architecture.Source :Phoronix