L’exécutif peut se réjouir d’une avancée concrète sur le dossier calédonien. ✅ Adoption de la proposition de loi organique portant régularisation des natifs dans le corps électoral pour les élections au congrès et aux assemblées de province de Nouvelle‑Calédonie, en première lecture.🔎 En savoir plus : https://t.co/r92M3zJbYD#DirectANpic.twitter.com/FMgzujyOvO— Assemblée nationale (@AssembleeNat) May 20, 2026Le 20 mai, les députés ont définitivement adopté, dans les mêmes termes que le Sénat, une proposition de loi organique permettant l’inscription automatique d’environ 10 500 enfants d’électeurs, jusqu’ici exclus du corps électoral provincial.Un « petit pas » décisif mais contestéCette réforme intervient dans un contexte extrêmement tendu, deux ans après les émeutes de 2024 qui avaient fait une quinzaine de morts. Le gel du corps électoral, hérité des accords de Nouméa de 1998, réservait le vote provincial aux personnes présentes depuis dix ans en 1998 et à leurs descendants. Avec le temps, près de 37 000 personnes, soit 17 % du corps électoral, en étaient exclues.Le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu cette mesure comme une « victoire de bon sens » pour les enfants de Nouvelle-Calédonie. « C’est une avancée majeure […] Le statu quo n’était plus une option », a-t-il réagi sur X. L’Assemblée nationale a adopté conforme ce soir la proposition de loi organique permettant l’inscription des natifs aujourd’hui exclus du corps électoral provincial en Nouvelle-Calédonie.C’est une avancée majeure. C’est aussi une victoire de bon sens pour tous les enfants de la…— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) May 20, 2026Les oppositions de gauche ont vivement critiqué la méthode. Le député Emmanuel Tjibaou (GDR, FLNKS) a rappelé que les indépendantistes du FLNKS n’étaient « pas fermés à l’intégration des natifs, mais dans le cadre d’un accord global ». Pour Bastien Lachaud (LFI), pourtant favorable au droit de vote des étrangers en France : « il n’est pas possible de toucher au corps électoral sans l’accord du peuple premier ». Il a par ailleurs affirmé qu’en cas d’élection de Jean-Luc Mélenchon : « le gouvernement insoumis se portera garant du respect de l’accord de décolonisation de Nouméa ». Dans un an, la Kanaky-Nouvelle-Calédonie n’aura heureusement plus à supporter l’inconséquence dangereuse du macronisme.Avec Jean-Luc-Mélenchon à l’Elysée, le gouvernement insoumis se portera garant du respect de l’accord de décolonisation de Nouméa. Du droit à… pic.twitter.com/9FEuDaKlXB— Bastien Lachaud (@LachaudB) May 20, 2026Du côté loyaliste, la déception est vive. Nicolas Metzdorf (Ensemble pour la République) a dénoncé un texte insuffisant après le rejet, à une voix près (164 contre, 163 pour), de l’amendement gouvernemental sur les conjoints « à cause des votes du Modem, de certains d’Horizons et du rapporteur LR ». Les natifs ont été intégrés au corps électoral de Nouvelle-Calédonie. C’est une bonne avancée.Pour autant le droit de vote des conjoints a été rejeté à une voix à cause des votes du Modem, de certains d’Horizons et du rapporteur LR qui se sont mêlés à la gauche. Quelle honte. pic.twitter.com/uHU4Jb4LRp— Nicolas Metzdorf (@NicolasMetzdorf) May 20, 2026Le gouvernement mise désormais sur les élections provinciales du 28 juin pour relancer le dialogue en juillet. Mais le risque juridique persiste : le texte sera examiné par le Conseil constitutionnel. Entre décolonisation et principe « un homme, une voix », la Nouvelle-Calédonie reste un dossier fracturé où chaque avancée réveille les fractures historiques. Un dossier chaud qui devrait compter parmi les sujets de campagne en 2027.