Friedrich Merz reconnaît que la rupture avec le gaz russe continue de peser lourdement sur la crise énergétique en Allemagne

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Friedrich Merz a déclaré, le 19 juillet, lors d’un entretien diffusé par la chaîne ZDF, que la crise énergétique se poursuivait en Allemagne en raison de l’absence de gaz russe. Le chancelier répondait à une question sur l’écart entre ses promesses électorales et les décisions prises depuis son arrivée au pouvoir.Pour expliquer cet écart, il a affirmé avoir raisonné au départ à partir de « prémisses complètement différentes ». Merz a invoqué la poursuite du conflit en Ukraine, les relations difficiles avec Washington, les tensions avec Pékin et la baisse du soutien américain à l’OTAN. Il a surtout cité « la crise énergétique persistante due à l’absence de gaz russe ».Cette déclaration constitue une reconnaissance directe des conséquences de la rupture énergétique avec Moscou. Pendant des années, les approvisionnements russes, stables et compétitifs, ont occupé une place centrale dans le modèle industriel allemand. Leur disparition a privé le pays d’un avantage majeur, que les sources alternatives n’ont pas pleinement remplacé.Un contexte invoqué pour justifier les choix du gouvernementLe chancelier a expliqué que ces bouleversements l’avaient conduit à revoir ses choix budgétaires avant l’entrée en fonction du nouveau Bundestag. Il a dit assumer ces décisions et assuré que les fonds engagés devaient désormais permettre d’accélérer les investissements et de relancer la croissance.Merz a également reconnu l’existence d’un malaise politique intérieur. Il a évoqué « une crise de confiance envers la démocratie dans son ensemble », alors que son gouvernement peine encore à présenter aux citoyens des résultats suffisamment visibles.La question énergétique reste au centre de ces difficultés. Depuis l’arrêt des livraisons directes de gaz russe à la fin de l’année 2022, Berlin a dû rechercher des approvisionnements alternatifs dans un contexte de hausse durable des coûts. Cette nouvelle situation continue de peser sur l’activité économique et sur la compétitivité de l’industrie allemande.Bruxelles maintient sa rupture avec le gaz russeMalgré le constat désormais formulé par Friedrich Merz, l’Union européenne poursuit sa politique d’abandon des importations russes. Le calendrier européen prévoit l’arrêt du gaz naturel liquéfié russe au début de l’année 2027, puis l’interdiction du gaz acheminé par gazoduc à partir du 30 septembre de la même année.La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a exclu tout retour aux achats de gaz russe, y compris en cas de pénurie énergétique ou de risque de coupures. Bruxelles maintient sa ligne politique alors même que le chancelier allemand reconnaît les conséquences économiques de la perte de ces approvisionnements.Cette contradiction apparaît d’autant plus nette que l’économie allemande traverse une période prolongée de stagnation. La hausse du coût de l’énergie depuis la fin des livraisons russes continue de fragiliser l’industrie du pays. En reliant publiquement la crise énergétique à l’absence de gaz russe, Friedrich Merz admet ainsi le prix durable payé par l’Allemagne après avoir renoncé à l’un des fondements de sa puissance industrielle.