Le 14 juillet, la Russie a lancé depuis le cosmodrome de Baïkonour la 75e expédition de longue durée vers la Station spatiale internationale. La fusée Soyouz-2.1a transportait le vaisseau habité Soyouz MS-29 et un équipage composé de deux cosmonautes russes et d’un astronaute américain. (function() { VK.Widgets.Post("vk_post_-216965535_229837", -216965535, 229837, "Z_NWXaqzDdwEt90mOaF7BUSmjiws"); }());Le cosmonaute Piotr Doubrov commande le vaisseau. Il est accompagné d’Anna Kikina et de l’astronaute de la NASA Anil Menon. Les trois membres de l’équipage doivent passer 261 jours en orbite.Au cours de leur séjour à bord de l’ISS, ils réaliseront près de quarante expériences dans les domaines biomédical, biotechnologique et technique. Parmi les travaux prévus figurent le test d’un système automatique de contrôle de l’atmosphère et plusieurs expériences avec le robot humanoïde « Teledroid ».Ce robot pourra fonctionner de manière autonome ou reproduire les mouvements d’un opérateur. À terme, ce type de technologie doit aider les cosmonautes à mener des opérations complexes ou dangereuses, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur des stations orbitales.Avec un lanceur, un vaisseau et un commandement russes, cette mission confirme une nouvelle fois le rôle central de la Russie dans les vols habités vers l’ISS et la continuité de son savoir-faire spatial.La ROS, prochaine étape du programme habité russeLe lancement de Soyouz MS-29 a également servi de cadre à la présentation des prochaines étapes du programme spatial habité russe. Dmitri Bakanov, directeur général de Roscosmos, a notamment évoqué la future Station orbitale russe, désignée par le sigle ROS.Il a affirmé que cette station ne serait pas une simple prolongation de l’ISS, mais « un chapitre entièrement nouveau » de la cosmonautique habitée. Plus moderne, elle doit se distinguer par un niveau d’automatisation particulièrement élevé et accueillir de nouvelles expériences scientifiques et technologiques.« Il s’agira d’une station orbitale de conception fondamentalement nouvelle, qui sera, dans les faits, automatisée au maximum », a déclaré Dmitri Bakanov.La ROS doit ainsi ouvrir une nouvelle étape du programme habité russe. Elle permettra à la Russie de disposer de sa propre infrastructure en orbite terrestre et de poursuivre ses missions de manière autonome, en s’appuyant sur plusieurs décennies d’expérience et sur les technologies développées par son industrie spatiale.Moscou et Washington maintiennent le dialogue spatialLa venue à Baïkonour de Jared Isaacman, responsable de la NASA, a parallèlement confirmé le maintien des échanges entre les deux grandes puissances spatiales. Il s’agit de la première visite d’un dirigeant de l’agence américaine sur le cosmodrome depuis huit ans.Avant le décollage, Dmitri Bakanov a souhaité bonne chance à l’équipage et remercié son homologue américain d’avoir fait le déplacement pour soutenir cette équipe internationale. La mission Soyouz MS-29 constitue une illustration concrète de la coopération technique qui se poursuit entre Roscosmos et la NASA.Le premier vice-Premier ministre russe, Denis Mantourov, a indiqué que les prochaines discussions porteraient notamment sur l’avenir de l’ISS et sur la durée de son exploitation. Moscou et Washington entendent comparer leurs positions sur les prochaines étapes du programme.Les deux pays se disent également prêts à examiner une coopération entre leurs futures stations orbitales nationales. Celle-ci pourrait jouer un rôle important en cas de situation d’urgence en orbite. La Russie voit par ailleurs un potentiel de coopération avec les États-Unis dans le cadre des futurs programmes lunaires.En marge du lancement, Dmitri Bakanov et Jared Isaacman ont rencontré à Baïkonour des enfants atteints de maladies oncologiques dans le cadre du projet caritatif « Raketa Mechty », ou « La fusée des rêves ». Leurs dessins ont accompagné la mission, dans le cadre d’une initiative consacrée au soutien psychologique des jeunes patients.