Le gaz hilarant gagne du terrain en Europe : une dérive qui inquiète les autorités sanitaires

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Longtemps considéré comme un simple produit festif, le protoxyde d'azote, plus connu sous le nom de « gaz hilarant », est devenu un véritable sujet de santé publique dans plusieurs pays européens. Son usage récréatif explose, notamment chez les adolescents et les jeunes adultes, tandis que les autorités constatent une multiplication des bonbonnes abandonnées dans l'espace public et une hausse des complications médicales.À Nice, le maire Eric Ciotti a dénoncé, début juillet, une situation devenue « préoccupante », indiquant que des dizaines de cartouches et de bonbonnes avaient été ramassées en seulement une semaine dans plus d'une quinzaine de quartiers de la ville. Les services municipaux alertent sur une consommation de plus en plus visible chez les jeunes.Le phénomène touche également l'Espagne. À Ibiza, haut lieu du tourisme festif, une trentaine de grandes bouteilles de protoxyde d'azote ont été retrouvées près d'un parking. Les médias locaux rapportent que ces bonbonnes apparaissent régulièrement sur les plages, les trottoirs ou à la sortie des établissements de nuit, alors que la vente reste difficile à encadrer. Un phénomène qui se multiplie en période estivale. L'année dernière une Britannique est morte suite à une surconsommation de ce produit.Un réel problème de santé publiqueAu Royaume-Uni, malgré l'interdiction de la possession à des fins récréatives entrée en vigueur en novembre 2023, le problème persiste. Des habitants du Pays de Galles dénoncent sur les réseaux sociaux la présence de cartouches usagées dans les parcs et les espaces publics. À Bournemouth, station balnéaire du sud de l'Angleterre, certains riverains décrivent une dégradation du cadre de vie, avec des consommations visibles de protoxyde d'azote et d'autres stupéfiants sur la voie publique, une pratique nocturne mais également en journée.En Belgique, la police de Liège a récemment arrêté un homme transportant douze bonbonnes dans son véhicule, tandis que vingt-deux autres ont été découvertes à son domicile dans le cadre d'une enquête liée aux stupéfiants. Une opération des forces de l'ordre avait saisi une vingtaine de bouteille de gaz hilarant en mai dernier.Les médecins rappellent pourtant que ce gaz est loin d'être inoffensif. Une consommation répétée peut provoquer une carence sévère en vitamine B12, entraînant des atteintes neurologiques parfois irréversibles : engourdissements, difficultés à marcher, paralysies, troubles de la mémoire ou encore atteintes de la moelle épinière. Des accidents de la route, des pertes de connaissance et des cas d'asphyxie ont également été signalés après une inhalation massive.Si la situation européenne diffère de la crise du fentanyl qui frappe les États-Unis, les spécialistes y voient un signal d'alerte : un produit légal à usage industriel ou médical peut rapidement devenir un problème majeur lorsqu'il est détourné de son usage initial, surtout auprès des plus jeunes.