Dans une enquête publiée le 5 octobre, Middle East Eye décrit une situation où des objets aussi banals que des sièges de toilettes, des jouets, des briquets ou des pinces à cheveux sont devenus rares et hors de prix dans la bande de Gaza, en raison des restrictions israéliennes sur l’entrée des marchandises. L’accès à de nombreux biens de consommation y reste extrêmement limité, un an après le cessez-le-feu d’octobre 2025.Certains produits sont classés par Israël comme biens à « double usage », susceptibles, selon les autorités, d’avoir une utilisation à la fois civile et militaire. Des organisations de défense des droits humains citent les toilettes portables, les bâches, les sacs de couchage, les lampes ou les fauteuils roulants parmi les équipements soumis à des procédures particulières. Israël conteste toutefois l’existence d’une interdiction générale et affirme examiner les marchandises au cas par cas pour des raisons de sécurité.Une inflation galopanteLes conséquences sont très concrètes. Middle East Eye rapporte qu’un siège de toilettes peut désormais coûter entre 1 500 et 2 000 shekels, soit entre 480 et 650 dollars environ. Une pince à cheveux autrefois vendue quatre shekels coûterait aujourd’hui environ 45. Quant aux jouets, ils sont si rares qu’une petite balle peut atteindre une centaine de shekels.Ces pénuries s’ajoutent à celles de produits beaucoup plus essentiels à la reconstruction. Le Norwegian Refugee Council a averti le 5 octobre que seulement 15 camions par semaine transportant des biens à double usage étaient autorisés à entrer depuis la Jordanie, alors que 500 chargements de matériaux d’abri attendaient déjà. À ce rythme, leur acheminement prendrait plus de sept mois.Pour les Gazaouis, la question dépasse donc largement le confort. Dans un territoire où une grande partie des logements et des infrastructures a été détruite, l’accès à des sanitaires, des bâches ou des équipements ordinaires conditionne directement le retour à une vie quotidienne décente.