« Je pense que l'Éducation nationale devra, ce matin ou dans les prochaines heures aussi, un peu réagir », a souligné ce 18 août auprès de RTL le hacker éthique Clément Domingo, en contact avec ZeroBytes, ce duo de pirates informatiques qui défraie la chronique en France après sa réclamation du piratage de l'administration fiscale.Celui-ci vient de revendiquer, la veille au soir, le vol, via une intrusion dans plusieurs systèmes internes du ministère de l'Éducation nationale à la mi-juillet, de pas moins de 346 millions de lignes de données brutes d'élèves et de personnels. Des informations qui, soulignant le site spécialisé French Breaches – rappelant que l'incident avait été confirmé par la rue de Grenelle –, vont des identités des élèves et de leurs parents à leurs « données scolaires et disciplinaires » en passant par « des empreintes de mots de passe » sur une durée « de vingt ans » (de 2002 à 2026).Selon la même source, si les 33 académies sont affectées, les données concernant certains élèves de l'académie de Créteil le seraient tout particulièrement. Les données volées concernant cette seule académie francilienne représentent en effet plus de la moitié des 43 Go téléchargés par le pirate.« Ces fichiers concerneraient notamment le suivi d'élèves rencontrant des difficultés ou présentant un risque de décrochage scolaire », peut-on lire, avec notamment des informations concernant les « dossiers liés aux absences », les « convocations » et « entretiens ».Un piratage détecté qu'après plusieurs jours. Après coup, l'accès du pirate n'aurait pas été coupéUn des autres fichiers pourrait notamment contenir – au-delà de l'identité et d'autres informations personnelles des élèves, telles que la date et le lieu de naissance – des données relatives au service de « garderie », des « informations concernant les parents ou responsables légaux » ou encore les « coordonnées et adresses ». Des données qui remontaient jusqu'en 2005.Toujours selon French Breaches, la récupération de ces nouvelles données volées, avec celles l'ayant été par le passé sur d'autres serveurs, pourrait permettre à des cybercriminels – notamment – d'effectuer des « tentatives d'usurpation d'identité » ou encore « des campagnes frauduleuses adaptées au parcours scolaire ou professionnel d'une victime ».« Selon nos informations, l'exfiltration des données de l'Éducation nationale aurait duré plusieurs jours avant d'être détectée puis bloquée », peut-on encore lire sur le site spécialisé, après que le pirate a affirmé que – malgré cette détection – son accès n'aurait pas été coupé, « lui permettant de rester infiltré ».L'annonce de ce nouveau piratage survient alors que les accusations d'« inaptitude » à protéger les données des Français fusent à l'encontre de l'État. Le 17 août, depuis la Gironde où il était en déplacement, Sébastien Lecornu a présidé une cellule de crise à la suite du piratage du Fisc. Réunion à l'issue de laquelle ses services ont annoncé qu'il avait été demandé à l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information de mener un « audit approfondi ».