La rencontre de quatre heures entre Jared Kushner et Benjamin Netanyahou le 17 août a permis de définir une voie de sortie prudente, mais a aussi mis en lumière les divergences persistantes entre Washington et Israël sur l’avenir de Gaza. À l’approche des élections israéliennes d’octobre, le Premier ministre israélien reste particulièrement réticent à toute concession susceptible d’être exploitée par son opposition.Arrivé en Israël après des discussions en Égypte avec des responsables du Hamas et les médiateurs égyptien, qatari et turc, Kushner a défendu l’idée de « petites mesures » permettant de vérifier la sincérité de l’engagement du Hamas à se désarmer. Selon un responsable américain, le conseiller de Donald Trump a expliqué à Netanyahou que Washington souhaitait entendre directement le mouvement palestinien sur sa volonté de démilitarisation. Kushner a notamment rappelé que ses précédentes discussions avec le Hamas avaient contribué à obtenir la libération des derniers otages détenus depuis les attaques du 7 octobre 2023.L'incertitude persisteLe principal désaccord porte sur le rythme de la démilitarisation et la capacité d’Israël à continuer de frapper Gaza. Selon le média Axios, Netanyahou a présenté à Kushner des sondages montrant qu’une majorité d’Israéliens s’opposent à la reconstruction de l’enclave avant son désarmement et souhaitent maintenir les frappes contre les menaces imminentes. Washington assure ne pas vouloir empêcher Israël de répondre à une menace immédiate, mais la définition de celle-ci reste à établir.Les deux parties se sont néanmoins accordées sur la création d’un mécanisme de « déconfliction », auquel participeraient notamment des médiateurs égyptiens, afin de signaler les violations, prévenir les escalades et répondre aux inquiétudes sécuritaires israéliennes. Le processus envisagé prévoit que le Hamas remette ses armes à une administration palestinienne technocratique, avant leur transfert à une force internationale chargée de les détruire.Deux groupes de travail doivent également être créés, l’un consacré au désarmement, l’autre à la situation humanitaire. Netanyahou s’est engagé à améliorer notamment l’accès à l’eau et à l’assainissement. Mais pour Israël, la reconstruction ne pourra commencer qu’une fois la démilitarisation achevée. Washington veut désormais obtenir des résultats concrets, tout en évitant une confrontation avec Netanyahou.