Moscou demande des explications aux États-Unis et à la Turquie sur un projet de transfert d’armes américaines à Kiev

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La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a réagi le 15 août aux informations concernant un projet de réexportation vers l’Ukraine d’armements américains actuellement détenus par la Turquie. Selon le communiqué officiel publié par la diplomatie russe, des documents rendus publics par le Congrès américain font état d’un « arsenal considérable », comprenant notamment des armes offensives.Le lot évoqué comprend 12 lanceurs M270 MLRS, plus de 2 500 roquettes M26 à sous-munitions, 47 000 obus d’artillerie à sous-munitions de 203 mm ainsi que 70 missiles tactiques ATACMS. Fabriqués aux États-Unis, ces armements pourraient être transférés depuis les stocks turcs vers l’Ukraine.L’opération envisagée ferait intervenir plusieurs sociétés privées turques, américaines et bulgares. Le matériel étant d’origine américaine, sa réexportation vers un pays tiers nécessite l’autorisation de Washington. Le Congrès dispose de 15 jours calendaires pour examiner le dossier et, en l’absence d’une résolution commune visant à bloquer l’opération, l’autorisation pourrait entrer en vigueur sans vote séparé.Pour Moscou, plusieurs questions essentielles restent toutefois sans réponse. Maria Zakharova a indiqué qu'on ne savait toujours pas qui avait pris l’initiative de cette réexportation, ni comment et à quelle date le transfert pourrait être organisé. Selon elle, « les circonstances et les conditions d’un transfert d’une telle ampleur restent entourées de contradictions majeures ».Moscou met en cause la cohérence de Washington et AnkaraLa diplomatie russe insiste surtout sur la dimension politique du dossier. Selon Moscou, le projet entre en contradiction avec la volonté affichée par les États-Unis et la Turquie de contribuer à un règlement politique et diplomatique du conflit ukrainien.Maria Zakharova estime que la poursuite des livraisons d’armes à Kiev, parallèlement aux appels au dialogue, « sape la confiance mutuelle ». La question est particulièrement sensible dans les relations avec Ankara, la porte-parole russe ayant rappelé les assurances données à plusieurs reprises par des responsables turcs concernant leur volonté d’éviter les livraisons d’armes létales à l’Ukraine.Moscou considère ainsi qu’un transfert de cette ampleur fragiliserait davantage la confiance entre les parties. Selon Maria Zakharova, ces nouvelles livraisons ne seraient par ailleurs pas en mesure d’infléchir sensiblement le cours de l’opération militaire spéciale. Elles risqueraient en revanche de prolonger les hostilités, d’entraîner de nouvelles victimes et destructions et de porter un sérieux préjudice aux relations de la Russie avec Washington et Ankara.Moscou attend désormais des explicationsC’est dans ce contexte que le ministère russe des Affaires étrangères a officiellement demandé des clarifications aux États-Unis et à la Turquie. Moscou veut notamment connaître l’origine de l’initiative, les conditions exactes du transfert, son calendrier et les intentions des deux pays concernés.Pour la Russie, le dossier dépasse ainsi largement la seule question du volume d’armes envisagé. Il touche directement à la confiance accordée aux déclarations de Washington et Ankara sur leur volonté de privilégier une issue politique. La diplomatie russe estime que la poursuite des livraisons d’armes à Kiev ne ferait qu’accentuer cette contradiction et compliquer davantage les conditions d’un éventuel règlement.