Le chef de la diplomatie burkinabè, Karamoko Jean Marie Traoré, a appelé, le 20 août, les Nations unies et leurs partenaires à présenter une lecture plus fidèle de la situation au Burkina Faso et dans les autres pays du Sahel.« À défaut de nous féliciter, que les organisations partenaires disent au moins la vérité sur ce qui se passe dans nos États », a déclaré le ministre lors d'un entretien avec Sahle-Work Zewde , envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU.L'ancienne présidente éthiopienne effectue une visite de travail au Burkina Faso dans le cadre d'une mission consacrée à l'évaluation des actions du Bureau régional des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel (UNOWAS), basé à Dakar.Selon Sahle-Work Zewde, cette mission vise notamment à recueillir les appréciations des autorités burkinabè sur les interventions des agences onusiennes. Ses conclusions doivent contribuer aux réflexions du Conseil de sécurité de l'ONU ainsi qu'à la définition des futures modalités de collaboration avec le Burkina Faso.« Des mauvais diagnostics » et « de faux rapports »Karamoko Jean Marie Traoré a salué la démarche, tout en plaidant pour une réforme des méthodes de travail de l'organisation internationale. « Nos organisations, se fondant sur des principes, font des mauvais diagnostics et se nourrissent de faux rapports », a-t-il affirmé, estimant que cette situation débouche sur « des mauvaises solutions et des échecs ».Le ministre a notamment demandé à l'ONU d'adapter son accompagnement aux choix souverains des États et de renforcer son rôle en matière de diplomatie préventive et de proximité.Défense de la politique de l'AESLe ministre burkinabè a également défendu les choix politiques retenus par les autorités au Burkina Faso, au Mali et au Niger, réunies au sein de l'Alliance des États du Sahel (AES).Selon lui, l'arrivée des militaires au pouvoir dans ces trois pays est notamment liée aux « frustrations » accumulées et à la priorité accordée à la lutte contre l'insécurité plutôt qu'à l'organisation rapide d'élections.« Si nos dirigeants étaient intéressés par le pouvoir, ils auraient pu après les coups d'État organiser rapidement des élections », a-t-il soutenu. Le ministre a par ailleurs déclaré ce qu'il considère comme une absence de reconnaissance des progrès accomplis par les pays de l'AES.« On peut ne pas nous féliciter, mais dire au moins ce qui est juste et vrai dans nos pays », at-il martelé.