Saisies de navires russes : Londres s'inquiète du manque de moyens pour faire face à Moscou

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Le Royaume-Uni ne disposerait pas d'une puissance de feu suffisante pour empêcher la Russie de s'emparer de navires britanniques dans l'hypothèse d'une confrontation de ce type, rapporte le 13 août le Telegraph, citant plusieurs sources du secteur de la défense.Selon les interlocuteurs du quotidien, les inquiétudes portent principalement sur l'Indo-Pacifique, où la présence militaire britannique est jugée trop limitée pour faire face à une éventuelle saisie de bâtiments par la Russie.Cette situation est notamment attribuée à la réduction progressive des moyens de la Royal Navy. L'ancien chef de la marine britannique, l'amiral Alan West, a vivement critiqué cette évolution, estimant que les gouvernements successifs avaient laissé la flotte diminuer au point qu'elle ne dispose désormais plus d'un nombre suffisant de navires pour remplir sa mission de protection de la navigation mondiale.Dans l'océan Indien, la marine britannique ne dispose actuellement que de deux patrouilleurs susceptibles d'assurer la protection de navires du Royaume-Uni : le HMS Tamar et le HMS Spey, tous deux faiblement armés. Pour Alan West, ces bâtiments servent avant tout à assurer une présence britannique dans la région. Il a rappelé qu'il y a encore une trentaine d'années, quatre ou cinq navires y étaient déployés, contre seulement deux aujourd'hui.Face à cette faiblesse des moyens disponibles, l'ancien ministre britannique de la Défense, Ben Wallace, a suggéré de s'appuyer davantage sur les alliés. Il a notamment évoqué la possibilité de solliciter la France afin de mieux répartir les missions à l'échelle mondiale, notamment pour assurer des fonctions d'escorte ou de protection.Le 12 août, le président russe Vladimir Poutine a prévenu que Moscou répondrait de manière symétrique si des pays occidentaux procédaient à la saisie de navires russes. « Ils ont pensé qu'il était possible de saisir nos navires et de vendre les biens volés. Il s'agit, bien sûr, de piraterie et de vol. Et si cela se concrétise, nous serons contraints de répondre de façon symétrique. Et pas nécessairement dans les eaux où ils prévoient d'attaquer nos navires. Mais là où nous le jugerons approprié. N'importe où. Y compris dans la zone de responsabilité de la flotte du Pacifique », a-t-il fait savoir.Le vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, a ensuite développé cette position. Invoquant le principe de réciprocité, il a affirmé que la Russie pourrait prendre pour cible tout navire marchand se trouvant dans ses eaux ou dans des eaux neutres si elle avait suffisamment de raisons de soupçonner que celui-ci transporte une cargaison destinée aux intérêts de l'adversaire.