L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo a désormais dépassé le seuil des 2 500 morts, alors que la maladie continue de se propager à un rythme qualifié d'« exponentiel » par les Nations unies.« L'épidémie d'Ebola connaît une croissance exponentielle », a déclaré le 21 août Julien Harneis, coordinateur principal des Nations unies d'Ebola, lors d'une visioconférence depuis Bunia, dans le nord-est du pays.Selon lui, l'épidémie s'étend désormais sur une zone dont la surface est supérieure à celle de la France, tandis que la réponse sanitaire progresse moins rapidement que la propagation du virus.« L'épidémie se propage plus rapidement et plus largement que la réponse à Ebola », at-il averti, soulignant que cette situation intervient dans une région confrontée à trois décennies de conflits armés et à d'importants besoins humanitaires.L'épidémie la plus importante de l'histoire du paysLa RDC fait actuellement face à sa 17e épidémie d'Ebola . Fin juillet, elle est devenue la plus importante jamais enregistrée dans le pays en nombre de cas, dépassant le précédent record établi lors de l'épidémie de 2018-2020.L'épidémie actuelle est provoquée par l'espèce Bundibugyo du virus Ebola, pour laquelle aucun vaccin ni traitement homologué n'est actuellement disponible, selon les informations communiquées par l'ONU.Julien Harneis a également alerté sur la situation particulièrement difficile des personnels de santé. Environ 160 agents de santé ont contracté la maladie, dont 43 sont morts.À la menace du virus s'ajoutent les violences visant les équipes chargées de la riposte. Plus de 266 attaques contre des personnels de santé ont été enregistrées au cours des six derniers mois, selon le responsable onusien. Huit agents de santé ont été tués.Des ambulances ont notamment été caillassées ou incendiées et des établissements de santé attaqués. Ces violences sont alimentées par la peur, mais aussi par des rumeurs et des théories complotistes contestant la réalité de l'épidémie.Une réponse sanitaire confrontée au manque de moyensLes organisations humanitaires font également face à d'importantes difficultés financières. Les financements actuellement disponibles pour la réponse à Ebola devraient arriver à leur terme dans les prochaines semaines, a prévenu Julien Harneis, appelant à une mobilisation urgente de nouveaux fonds.Les réductions de l'aide internationale intervenues ces dernières années ont déjà réduit les capacités d'intervention des organisations humanitaires.Le paiement des dizaines de milliers de personnes mobilisées dans la lutte contre l'épidémie constitue également un problème. La suspension des vols commerciaux décidée par les autorités congolaises a perturbé les circuits d'approvisionnement en liquidités et affecté le fonctionnement des services bancaires.Face à l'extension rapide de l'épidémie, les Nations unies appellent ainsi à renforcer d'urgence les moyens humains, financiers et logistiques consacrés à la riposte, alors que les équipes de santé doivent simultanément lutter contre le virus et faire face à un environnement sécuritaire particulièrement difficile.