Après l’annonce de plusieurs ralliements, l’ancien Premier ministre a franchi un cap symbolique le 5 juillet à Paris. Devant environ 5 000 militants rassemblés à l’Adidas Arena, il a délivré un discours plus intime que programmatique, en plaçant la jeunesse au cœur de son projet et en jouant, surtout, la même partition de communication que celle, déjà éculée, du président sortant.Un discours tourné vers l’avenir mais une affluence limitéeLe poing serré, entouré de drapeaux européens et d’une forte présence de jeunes militants, Édouard Philippe a martelé : « Le bonheur de nos enfants doit rester notre ambition. Leur bonheur passe avant notre confort ».Il a promis une « refonte massive » de l’école, « la plus importante peut-être depuis Jules Ferry », avec intégration de l’IA, revalorisation des enseignants et réaménagement des rythmes scolaires. « L’intérêt de nos enfants devra être la boussole de ce nouveau quinquennat », a-t-il insisté, fustigeant une « défaillance collective » qui sacrifie l’avenir. L’intérêt de nos enfants sera la boussole du nouveau quinquennat. #AvecEdouardpic.twitter.com/YLRIiD7m0l— Edouard Philippe (@EPhilippe_LH) July 5, 2026Il a opposé cette vision à ce qu’il nomme « deux impasses », à savoir les candidatures de Jean-Luc Mélenchon et du Rassemblement national. Sur l’économie, il a défendu des « efforts justes, partagés et étalés dans le temps », préservant les plus modestes tout en assumant un travail plus long pour les cadres et une contribution accrue des retraités.L’affluence, estimée à plus de 5 200 personnes par ses équipes, a été saluée comme un succès par ses soutiens, même si une partie des gradins restait fermée. Elle reste cependant inférieure à celle du meeting de Gabriel Attal à Paris il y a quelques semaines, qui avait mobilisé une foule plus dense selon plusieurs observateurs.Christophe Béchu, maire d’Angers et directeur de campagne du candidat centriste, s’est félicité dans une formule très marketing : « Oui, avec Edouard Philippe, nous pouvons croire en nous ». Nous étions plus de 5 200 hier après-midi autour d’@EPhilippe_LH à l’Adidas Arena à Paris pour le premier grand meeting de notre campagne ! 🚀Nous devons croire en la France, en sa jeunesse. Croire en nos atouts et en notre destin.Oui, avec Edouard Philippe, nous pouvons… pic.twitter.com/xzHqj66MUb— Christophe Béchu (@ChristopheBechu) July 6, 2026Édouard Philippe n’a pas manqué de tacler ses adversaires, qualifiant le RN d’« en même temps qui ne s’assume pas » et visant Jordan Bardella avec une pique sur les « petits fours à Monte-Carlo ».Néanmoins l’engouement à l’endroit de l’ancien chef de gouvernement d’Emmanuel Macron est poussif en dehors des cercles de pouvoir.Le candidat doit en effet assumer un passé proche délicat : la réforme des retraites avortée, sa gestion des Gilets jaunes, la mesure controversée des 80 km/h, et des déboires judiciaires récents liés à des soupçons de favoritisme dans des projets au Havre.