Rwanda : Kigali ouvert à l’accueil de migrants transférés depuis l’Europe

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Le Rwanda pourrait accueillir sur son territoire des migrants transférés depuis certains pays européens dans le cadre de futures politiques de retour de l’Union européenne. Des discussions préliminaires auraient eu lieu entre Kigali et plusieurs États membres, ont indiqué le 30 septembre à Reuters deux eurodéputées, à la suite d’une visite au Rwanda la semaine précédente.Tineke Strik et Anna Strolenberg, membres respectivement des groupes des Verts/ALE et Volt au Parlement européen, ont déclaré que des responsables rwandais leur avaient confirmé que Kigali était ouvert à cette possibilité. Elles ont toutefois précisé que les discussions en étaient encore à un stade préliminaire et qu’aucun accord n’avait été conclu. Les autorités rwandaises n’étaient pas immédiatement disponibles pour commenter ces informations.Cette hypothèse intervient alors que cinq pays européens cherchent à renforcer les dispositifs de retour des migrants n’ayant pas le droit de rester dans l’Union européenne. L’Allemagne, l’Autriche, la Grèce, le Danemark et les Pays-Bas ont annoncé début septembre leur volonté de conclure cette année des accords avec des pays situés hors de l’UE afin d’y établir des « centres de retour ».Le Rwanda parmi les pays envisagésLes cinq pays, qui ont annoncé des mesures communes visant à accélérer les retours, n’ont pas officiellement identifié les États susceptibles d’accueillir ces dispositifs. Un responsable européen, cité par Reuters sous couvert d’anonymat, a toutefois indiqué que le Rwanda figurait parmi les pays envisagés par le groupe des cinq.Lors de leur déplacement à Kigali, les deux eurodéputées ont également visité deux infrastructures qui avaient été préparées dans le cadre de l’ancien projet britannique visant à transférer des demandeurs d’asile au Rwanda. Ce projet, abandonné par Londres, prévoyait notamment l’utilisation de sites d’hébergement dans le pays. L’un des lieux visités était un hôtel.Les représentants de l’Allemagne, de l’Autriche, de la Grèce, du Danemark et des Pays-Bas doivent se retrouver le 1er octobre en marge du Conseil « Justice et Affaires intérieures » de l’UE afin de poursuivre leurs discussions.Kigali déjà impliqué dans des transfertsLe Rwanda s’est ces dernières années positionné comme un pays susceptible d’accueillir des migrants transférés par des pays occidentaux. En 2024, Kigali avait notamment conclu un accord avec les États-Unis portant sur l’accueil de personnes expulsées du territoire américain, avec un dispositif pouvant concerner jusqu’à 250 migrants.Le pays avait également été au centre d’un projet controversé du Royaume-Uni visant à y transférer des demandeurs d’asile. En 2023, la Cour suprême britannique avait jugé ce projet illégal. Après l’abandon de l’accord, le Rwanda avait demandé à Londres le versement de 50 millions de livres sterling, soit environ 63,6 millions de dollars au taux mentionné par Reuters.Les projets de création de « centres de retour » hors de l’UE suscitent des critiques de la part d’organisations de défense des droits humains, qui estiment qu’ils pourraient fragiliser les garanties accordées aux migrants et aux demandeurs d’asile. Leurs partisans considèrent, à l’inverse, que ces dispositifs pourraient faciliter les retours et contribuer à décourager les migrations irrégulières.Tineke Strik a qualifié les projets portés par les cinq États européens d’« irréalistes, inhumains et coûteux ». Anna Strolenberg a, pour sa part, mis en garde contre une pression supplémentaire sur le Rwanda et l’Ouganda, deux pays qui accueillent d’importantes populations de réfugiés et qui ont été affectés par la réduction de l’aide américaine, notamment dans les domaines de l’alimentation et des soins de santé.