Alors que la journée de mobilisation dans la fonction publique débute, les lycéens multiplient les actions pour dénoncer des classes surchargées, le manque de professeurs et les conditions dégradées. Le mouvement, né en Île-de-France, gagne du terrain et bénéficie du soutien affiché de responsables de La France insoumise.Depuis une semaine, des établissements franciliens, notamment dans le Val-de-Marne et en Seine-Saint-Denis, ont vu leur fonctionnement perturbé. Le rectorat de Créteil a constaté lundi une progression des blocages, accompagnés parfois de dégradations et de tirs de mortier. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a évoqué 58 établissements touchés la semaine précédente, dont une dizaine bloqués. Le mouvement se durcit et, ce 29 septembre, un incendie a été allumé par les manifestants devant le lycée Paul Éluard à Saint-Denis. Nouveau blocus ce matin au lycée Paul Eluard à Saint-Denis.Un feu est allumé devant l'entrée du lycée.#greve29septembre#29septembrepic.twitter.com/N2UmVMkX7O— Luc Auffret (@LucAuffret) September 29, 2026Le mouvement a gagné d'autres régions : Orléans, Lille, Grenoble ou encore Nice, où des tirs de mortier d'artifice et des incendies de poubelles ont été signalés.L'Union syndicale lycéenne (USL) a appelé à généraliser les actions ce mardi. « On a pris la décision de généraliser ce qui se passe en Île-de-France, parce que ce sont des problématiques présentes sur tout le territoire », a déclaré son président, Ryad Rani, mobilisé depuis le 10 septembre. Mobilisation massive en cette rentrée 🔥Les lycéen·nes ne céderont pas face au projet austéritaire de Lecornu et Macron 💥✊🏽La jeunesse relève la tête, et ça ne fait que commencer ! https://t.co/Lku60mSwoK— Ryad Rani (@ryadrani8) September 10, 2025Les revendications portent sur des effectifs allégés, le remplacement des absents et la fin de Parcoursup. Des élus LFI se sont rendus sur place. À Saint-Denis, le maire Bally Bagayoko a été porté en triomphe par des élèves devant le lycée Paul-Éluard.L'édile a été vivement critiqué pour sa participation à un cortège ayant mis le feu à une poubelle aux abords d'un lycée. Le maire a ensuite publié une vidéo pour démentir les accusations. [INFO @europe1]Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, aperçu en train de manipuler une poubelle en feu lors du blocage du lycée Paul-Eluard à Saint-Denis. ⬇️ pic.twitter.com/4wTcj8flve— William Molinié (@WilliamMolinie) September 28, 2026Sur X, Jean-Luc Mélenchon a écrit : « Les lycéens en mouvement sont inoffensifs. Le gouvernement Lecornu a ordonné la répression. Cette férocité est irresponsable avec un arrière-goût raciste évident. Pas touche à nos jeunes. Élus et militants insoumis, interposez-vous partout où vous le pouvez ».Plusieurs élus insoumis ont par ailleurs relayé des images de ce qu'ils qualifient de « violences policières ». Et ça, vous condamnez, M. Lecornu ?Vous pensez que c'est normal de plaquer au sol un gamin et de l'étouffer ?C'était aujourd'hui au lycée Van Dongen de Lagny-sur-Marne, dans ma circonscription. https://t.co/NxEF73DG9Ppic.twitter.com/KMtJIBFlfH— Ersilia Soudais (@ErsiliaSoudais) September 28, 2026Face à cela, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dénoncé une « surenchère irresponsable ». « Tirs de mortier, incendies, violences aux abords des lycées : rien ne justifie de mettre en danger des élèves, des personnels ou des policiers. […] Instrumentaliser leur colère à des fins partisanes est une faute », a-t-il publié. Il a ensuite qualifié d'« insulte » l'accusation de racisme, rappelant qu'une lycéenne avait été blessée à l'acide chlorhydrique. Monsieur Mélenchon, ce matin, une lycéenne a été blessée à l’acide chlorhydrique, aux mains et au visage par des agresseurs violents. Il y a aussi les tirs de mortier par dizaine, les incendies, les agressions contre les personnels. Votre accusation de racisme est une insulte.… https://t.co/IxBTQF6YAk— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) September 28, 2026Les ministres de l'Intérieur et de l'Éducation ont prévenu que les forces de l'ordre interviendraient en cas de violences ou de blocage total.Ce 29 septembre, la convergence avec la grève de la fonction publique pourrait donner une ampleur nouvelle à ces actions, alors que le bras de fer politique se poursuit.