« Le terrorisme en Europe entre dans une nouvelle phase », prévient Europol dans son rapport annuel publié en juillet.En 2025, dix États membres ont signalé 45 attaques : 22 commises, 20 déjouées et trois ayant échoué. Parallèlement, 486 suspects ont été interpellés dans 21 pays, contre 449 en 2024.Des djihadistes aux communautés de l’ultraviolenceLa permanence du danger djihadiste reste la première conclusion. Le djihadisme est en cause dans 24 des 45 attaques recensées et 347 arrestations, soit plus de 71 % du total. Ses attentats ont causé cinq des six morts et 81 blessés. Le « nouveau visage », décrit par Europol, ne remplace donc pas les menaces anciennes : il s’y ajoute, les brouille et complique leur détection, alors que quelques mois plus tôt, Europol interpellait sur le risque de voir se développer un terrorisme robotique.Le changement tient d’abord au profil des personnes interpellées. Leur âge moyen était de 27 ans, 130 avaient 18 ans ou moins et le plus jeune seulement 12 ans. Europol observe chez certains jeunes radicalisés une connaissance superficielle des doctrines, remplacée par un mélange instable de djihadisme, néonazisme, misogynie, nihilisme, ressentiments personnels ou fascination pour les tueries de masse. Terrorisme dans l'UE : Europol dresse le portrait d'une menace de plus en plus fragmentéeEuropol a publié cette semaine son rapport annuel TE-SAT 2026 (European Union Terrorism Situation and Trend Report), qui dresse le bilan de la menace terroriste dans l'Union européenne pour… pic.twitter.com/4ZhRXb2fXw— FT Osint (@FTOsint) July 16, 2026Les plateformes accélèrent cette recomposition. Réseaux sociaux, messageries sécurisées, forums, services décentralisés et univers liés aux jeux vidéo permettent de recruter, de diffuser des modes opératoires et de passer plus rapidement de la consommation d’images à la violence réelle. La « gamification » : classements, défis et récompenses, contribuerait à banaliser les contenus extrêmes et à effacer la frontière entre activité numérique et passage à l’acte.Le rapport s’attarde notamment sur le « Com network », écosystème mouvant associant cyberattaques, extorsion sexuelle de mineures et violences physiques, jusqu’aux incendies, agressions au couteau ou meurtres. Aucune idéologie unique ne domine cet univers : le statut dans le groupe et la recherche de reconnaissance peuvent suffire à mobiliser certains participants.Sur LinkedIn, Europol résume cette mutation par une formule : la violence devient un instrument «d’identité, de reconnaissance et d’appartenance». Pour les services antiterroristes, surveiller les organisations structurées ne suffit plus lorsque la menace naît aussi d’individus isolés, naviguant d’une doctrine à l’autre au gré des algorithmes.