Les diplomates américains ont quitté, le 27 juillet, une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU pendant l'intervention de la délégation française, rapporte Associated Press. Cette passe d'armes fait suite aux critiques de la France, qui avait comparé la position des États-Unis à « celle de la Corée du Nord, de la Russie, du Nicaragua et du Mali ».L'épisode s'est produit lors d'une séance consacrée à l'Ukraine, quelques jours après le vote de l'Assemblée générale sur le renouvellement, pour quatre ans, du mandat du haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk. Les États-Unis figuraient parmi les dix pays ayant voté contre cette reconduction, tandis que 144 États se sont prononcés en sa faveur. Washington reproche à Volker Türk de « passer son temps à faire la leçon à des démocraties libres et souveraines comme les États-Unis qui appliquent les lois et sécurisent leurs frontières ».À la suite du vote, la Mission de la France auprès des Nations unies à Genève a vivement critiqué la position américaine dans un message publié sur X : « Les États-Unis étaient autrefois un modèle en matière de droits humains. Ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, ils se retrouvent aux côtés de la Corée du Nord, du Nicaragua, du Mali et de la Russie. Isolés. Et le monde ne les écoute plus ».Lors de la réunion du Conseil de sécurité, la délégation américaine a réagi aux critiques françaises. Le représentant adjoint des Etats-Unis auprès de l'ONU, Dan Negrea, a accusé Paris d'adopter une attitude moralisatrice. « Un membre de ce Conseil joue l'indignation morale et prétend donner des leçons à tout le monde sur tous les sujets, que ce soit concernant le conflit dont nous discutons encore aujourd'hui [l'Ukraine], ou des questions non liées à la paix et la sécurité, comme les droits humains. C'est pour cela que nous sommes sortis lors de l'intervention de la France », a expliqué Dan Negrea, ambassadeur adjoint des États-Unis.Le représentant américain a aussi fustigé une « posture hypocrite lassante », estimant que les États-Unis l'avaient jusqu'à présent « tolérée » au nom du respect entre les membres permanents du Conseil de sécurité. Un tel départ d'une délégation pendant une intervention reste exceptionnel.L'ambassadeur des États-Unis auprès de l'ONU, Mike Waltz, a pour sa part déclaré que la France soutenait « certains des pires violateurs des droits humains » en apportant son soutien à un responsable qui, selon lui, critique régulièrement des « démocraties » comme les États-Unis, le Royaume-Uni et Israël.