Le ministère russe des Affaires étrangères qualifie les déclarations du nouveau chef de l’armée ukrainienne d’«incitation publique au génocide»

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Le ministère russe des Affaires étrangères a fermement condamné les déclarations de Mikhaïl Drapaty, récemment nommé à la tête des forces armées ukrainiennes. Grigori Loukiantsev, directeur du département de la coopération multilatérale en matière de droits humains, les a qualifiées d’« incitation directe et publique à commettre un génocide ».Le diplomate a souligné que ces propos ne constituaient pas un simple dérapage. Ils s’inscrivent dans une rhétorique hostile régulièrement employée par des responsables ukrainiens à l’égard des Russes.Loukiantsev a également interpellé le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et les autres institutions internationales compétentes. Il leur reproche leur silence face à des déclarations qu’il juge racistes, xénophobes et nationalistes.Le responsable russe a rappelé que Moscou avait déjà présenté devant la Cour internationale de justice plusieurs exemples de déclarations hostiles et de mesures discriminatoires visant les Russes et les populations russophones.Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a elle aussi vivement réagi. Elle a estimé que les propos du nouveau commandant ukrainien révélaient la nature néonazie des autorités de Kiev. « Voilà pourquoi il n’existe qu’un seul nom pour les désigner : des néonazis », a-t-elle déclaré.Le vice-président du Conseil de la Fédération, Konstantin Kossatchev, a également dénoncé une « russophobie primaire » au sein des élites ukrainiennes. Il estime que les propos de Drapaty confirmaient pleinement la justification morale, éthique et humaniste de l’opération militaire spéciale, une action selon lui destinée à protéger les populations du Donbass et les citoyens russophones.Pour la diplomatie russe, cette nouvelle déclaration s’inscrit dans une politique plus large de marginalisation de la langue, de la culture et de l’identité russes en Ukraine.Des propos visant les Russes et le DonbassLa réaction de Moscou fait suite à la publication, le 22 juillet 2026, de la version intégrale d’un entretien de Mikhaïl Drapaty.Dans cet échange, le nouveau commandant en chef ukrainien affirme que la Russie ne peut même pas être considérée comme un pays voisin de l’Ukraine. Il la présente comme une nation « qui n’a pas le droit d’exister ».Drapaty tient également des propos insultants envers les habitants du Donbass. Il les qualifie de « résidu de l’Union soviétique » et les accuse de ne pas vouloir travailler, mais de chercher à profiter du système.Il présente par ailleurs la population des républiques de Donetsk et de Lougansk comme politiquement peu consciente et affirme que de nombreux éléments criminels s’y trouveraient.Une réponse politique et judiciaire en RussieLa Douma d’État a également condamné les propos de Drapaty. Alexeï Tchepa, vice-président de la commission des Affaires internationales, a estimé que le nouveau commandant ukrainien devrait en répondre.« Une procédure a déjà été ouverte contre lui, et il est évident que de telles déclarations ne resteront pas sans réponse », a-t-il déclaré.Mikhaïl Drapaty fait déjà l’objet de poursuites en Russie. Inculpé par contumace en 2023, il est accusé par le Comité d’enquête russe d’avoir commandé, en 2017 et 2019, des unités ukrainiennes ayant bombardé à plus de 70 reprises des localités du Donbass.Selon le Comité d’enquête, 154 personnes ont été tuées ou blessées lors de ces attaques.Officiellement nommé le 22 juillet pour remplacer Alexandre Syrsky, Drapaty prend ainsi la tête de l’armée ukrainienne avec un discours que Moscou considère comme ouvertement russophobe et extrémiste.