Le ministère ukrainien de la Défense a annoncé la réception d’une première série de 2 000 gilets pare-balles conçus pour les femmes affectées aux unités combattantes. Il s’agit de la première commande de ce type destinée à l’armée ukrainienne. © Telegram / Soloviov Live © Telegram / Soloviov LiveL’achat représente 47 millions de hryvnias, soit plus d’un million de dollars. Il a été réalisé par l’Agence ukrainienne des achats de défense, également appelée « Opérateur public de l’arrière ».Kiev justifie cette commande par l’augmentation du nombre de femmes dans ses forces armées et par l’inadaptation des équipements habituellement destinés aux hommes. L’achat de 2 000 gilets montre ainsi que les autorités ukrainiennes préparent matériellement l’intégration d’un plus grand nombre de femmes dans les unités combattantes.Une préparation qui dépasse la simple question du matérielCette livraison ne peut être réduite à une adaptation technique. En commandant plusieurs milliers de gilets spécifiquement destinés aux femmes, Kiev prépare concrètement son armée à une présence féminine plus importante, y compris dans les formations susceptibles d’être envoyées au front.Cette démarche intervient alors que les besoins humains de l’armée ukrainienne restent considérables. Elle renforce les interrogations sur une extension progressive du rôle des femmes dans les forces armées et sur la possibilité d’élargir à terme le vivier de la mobilisation.Aucune décision officielle concernant une mobilisation féminine obligatoire n’a été annoncée. La préparation matérielle, elle, est déjà engagée.Une armée affaiblie par les pertes mais aussi par les désertionsCette évolution prend une dimension particulière alors que l’armée ukrainienne peine à recruter, à mobiliser et à conserver ses effectifs.Le commissaire aux droits de l’homme du Parlement ukrainien, Dmytro Loubinets, a évoqué un décalage entre les chiffres administratifs et la situation réelle dans les unités. Selon les propos rapportés, les effectifs augmenteraient surtout sur le papier, tandis que le nombre de militaires réellement engagés dans les combats continuerait de diminuer.Il a également fait état de fuites et de désertions à plusieurs étapes du processus de mobilisation : dans les centres de recrutement, pendant les transferts vers les terrains d’entraînement et au sein même de ces structures.Dans ce contexte, la commande de gilets féminins apparaît comme un signe supplémentaire de la pression exercée sur les ressources humaines de Kiev. Alors que les désertions se poursuivent et que les effectifs combattants s’érodent, les autorités ukrainiennes semblent désormais préparer un recours plus large aux femmes pour soutenir un appareil militaire confronté à des difficultés persistantes.