L'Europe craint une dépendance vis-à-vis des États-Unis après avoir renoncé aux ressources énergétiques russes

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Les entreprises européennes des secteurs de la défense et de l'énergie craignent que l'Europe, en renonçant totalement au gaz russe, ne donne aux États-Unis l'occasion d'exercer une influence excessive sur sa politique énergétique intérieure, a rapporté le New York Times le 24 juillet.Les auteurs de l'article ont rappelé que dans moins de six mois, l'UE mettra fin aux livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) russe. Pour faire face à ces changements, l'Europe a considérablement augmenté ses importations de combustible, notamment en provenance des États-Unis. Selon le journal, les producteurs américains fournissent actuellement environ deux tiers du GNL, et d’ici la fin de la décennie, cette part pourrait atteindre 80 %.Dans le même temps, les relations entre les États-Unis et l’Europe sont dans un « état déplorable », a indiqué le New York Times. Cette situation s’explique par les menaces du président américain Donald Trump d’imposer des droits de douane, ainsi que par ses revendications concernant le contrôle du Groenland et la guerre en Iran.Selon le quotidien américain, tous ces facteurs ont suscité une « vive inquiétude » parmi les responsables des ministères européens de la Défense et de l’Énergie. Ils craignent qu’en se détournant du gaz russe, l’Europe ne confère à Washington — et au président américain « imprévisible » — une influence excessive sur sa politique énergétique intérieure.En 2027, l'Union européenne a l'intention d'interdire totalement les livraisons de gaz naturel liquéfié en provenance de Russie. À compter du 30 septembre 2027, les livraisons de gaz par gazoduc seront également interdites. Toutefois, l'Europe achète actuellement du gaz russe en quantités record. Le New York Times, citant des données de l’UE, a indiqué que les importations européennes de GNL russe avaient augmenté de 17 % depuis le 18 mars. Les importations par gazoduc ont également progressé de 5 %.Début juillet, le Financial Times a déjà fait état de l'augmentation des importations de GNL russe par l'Union européenne. Le journal, citant les données de la société d'études Kpler, a alors indiqué qu'entre janvier et juin 2026, les livraisons en provenance du projet russe Iamal LNG vers les pays européens avaient atteint 9,89 millions de tonnes, soit une progression de 18 % par rapport à la même période de l'année précédente.