Les tensions s'intensifient de nouveau entre l'Arabie saoudite et les rebelles houthis du Yémen, faisant craindre l'ouverture d'un nouveau front dans un Moyen-Orient déjà marqué par la guerre américaine contre l'Iran. Le 25 juillet, les Houthis ont annoncé avoir effectué une riposte de missiles contre la ville saoudienne de Jazan, dans le sud-ouest du royaume, quelques heures après avoir subi des frappes aériennes saoudiennes sur le port de Hodeida, principal bastion des insurgés sur la mer Rouge.L'agence de défense civile saoudienne a brièvement émis une alerte pour un « potentiel danger » à Jazan, avant d'annoncer que la menace était écartée. Des alertes similaires ont également été déclenchées à Yanbu, sur la côte ouest du pays. Côté yéménite, les médias houthis affirment que les frappes saoudiennes ont visé des infrastructures civiles, notamment des installations de télécommunications, ainsi qu'une base navale près du port de Hodeida. Deux personnes auraient été blessées.Vers un embrasement régional ?Riyad assure, de son côté, avoir mené une « réponse décisive » contre des sites militaires houthis, accusant les rebelles d'avoir attaqué des navires commerciaux en mer Rouge ces derniers jours. Les autorités saoudiennes précisent que le port de Hodeida n'a pas été directement visé et demeure ouvert à la navigation.Cette nouvelle escalade intervient après l'annonce par les Houthis d'un blocus maritime contre l'Arabie saoudite, destiné à perturber les exportations pétrolières du royaume en mer Rouge, alors que l'Iran continue de contrôler étroitement le détroit d'Ormuz. Plusieurs navires saoudiens ont déjà été pris pour cible ces derniers jours, ravivant les inquiétudes concernant la sécurité des principales routes énergétiques mondiales.Cette reprise des hostilités met fin à la trêve en vigueur depuis avril 2022 entre Riyad et les Houthis. Déclenchée en 2014, la guerre au Yémen avait provoqué l'une des plus graves crises humanitaires au monde. Dans un contexte où Washington envisage de nouvelles frappes contre l'Iran, cette escalade renforce les craintes d'un élargissement du conflit à l'ensemble de la péninsule Arabique.